1000 euros pour abattre un loup : la prime contestée qui enflamme la Haute-Vienne
La Coordination rurale propose une récompense de 1000 euros pour chaque loup abattu en Haute-Vienne, ce qui a conduit le préfet à signaler l'affaire au parquet. Quelles pourraient être les conséquences de cette initiative ?
TL;DR
- La Coordination rurale offre une prime pour tout « loup mort ».
- Le préfet a signalé cela au parquet, l’espèce étant protégée.
- Des litiges surviennent entre les défenseurs des loups et les agriculteurs.
Une prime controversée
Le syndicat agricole, la Coordination rurale (CR), a déclenché la controverse en offrant une prime de 1.000 euros pour tout « loup mort » en Haute-Vienne. Cette proposition a incité le préfet à signaler l’affaire au parquet, car elle constitue une menace pour une espèce protégée.
Les faits à l’origine du conflit
Le 21 juillet, un incident impliquant une brebis blessée à Bussière-Poitevine, à 60 km au nord de Limoges, est à l’origine de cette initiative. Cependant, la préfecture affirme que « aucun élément » ne permet « d’attribuer la blessure de la brebis à une attaque de loup ». Malgré cela, la CR persiste à croire que c’est l’œuvre d’un loup.
Un acte de provocation
Pour Thomas Hégarty, président de la CR, cette prime est « bien sûr » une provocation. Il considère cet acte comme une façon d’attirer l’attention sur le problème des attaques de loup, affirmant que personne n’a encore réclamé la prime.
Des réactions en chaîne
Cette action a suscité de vives réactions, notamment de la part de l’association écologiste One Voice qui a qualifié cette prime d’« incitation à commettre des infractions ». Elle a promis de poursuivre en justice la CR et tout braconnier impliqué dans la mort illégale d’un loup. L’association rappelle que toute atteinte à la conservation d’espèces animales non domestiques est punie de trois ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende.
La tension entre les défenseurs du loup et les agriculteurs n’est pas nouvelle. Le retour du loup en Europe, où le prédateur avait pratiquement disparu, a suscité des débats parfois houleux, principalement en raison d’attaques contre du bétail. En 2023, la présence du canis lupus était attestée dans 23 pays de l’Union européenne avec une population d’environ 20.300 individus.
