39e Campagne des Restos du Cœur lancée face à l’augmentation de la faim en France
L'association exprime son inquiétude face à la montée du nombre de personnes en difficulté. Cependant, malgré cette croissance alarmante, elle se voit contrainte de diminuer le nombre de bénéficiaires qu'elle soutient à cause de contraintes financières.
Tl;dr
Les Restos du Coeur face à une crise sans précédent
Alors que la 39e campagne de distribution alimentaire des Restos du Coeur débute, une sombre réalité se fait jour. L’association, fondée par Coluche en 1985, s’attend à devoir réduire le nombre de ses bénéficiaires en raison de difficultés financières. « La faim progresse » en France, déplore Patrice Douret, président de l’association.
Un afflux de demandes difficile à gérer
En ce début de campagne, les Restos du Coeur accueillent les demandes d’inscription des potentiels bénéficiaires. Malheureusement, les tendances sont inquiétantes. Entre « 5 et 10% des personnes accueillies l’hiver dernier se verront refuser l’aide alimentaire cette année », estime Patrice Douret. Cette situation est le fruit d’un double effet : « De plus en plus de personnes sont en difficultés en raison de l’inflation », explique-t-il, et l’association peine à faire face à l’afflux de demandes, tant sur le plan logistique que financier.
Un public en détresse grandissant
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’association a accueilli 1,3 million de personnes en 2022-2023, contre 1,1 million lors de la période précédente. Cette hausse des demandes concerne tous les profils, dans tous les départements. Mères célibataires, retraités, salariés aux emplois peu rémunérateurs, étudiants, tous sont touchés. Chez les recalés, « il y a beaucoup de résignation« , regrette Patrice Douret.
Un appel à l’aide entendu, mais insuffisant
En septembre, les Restos du Coeur ont lancé un appel à l’aide, il leur manquait 35 millions d’euros pour terminer l’exercice à l’équilibre. Grâce à la générosité du public et de quelques mécènes, l’association a pu récolter cette somme. Cependant, l’avenir reste incertain. Afin de surmonter cette crise, les Restos du Coeur demandent la mise en place d’un « plan d’urgence alimentaire » par le gouvernement.
