50 ans de trafic d’enfants en Géorgie: 120 000 adoptions illégales dévoilées
Pendant plus d'un demi-siècle, des bébés géorgiens ont été enlevés et vendus illégalement par un réseau d'établissements maternels, de crèches et d'agences d'adoption motivés par l'appât du gain. Quelles seront les conséquences de ces actes délictueux ?
TL;DR
- Un réseau de maternités a kidnappé et vendu des bébés en Géorgie pendant plus de 50 ans.
- Deux sœurs jumelles séparées à la naissance se sont retrouvées grâce à TikTok.
- La journaliste Tamouna Mousseridzé a créé un groupe Facebook pour réunir les bébés volés avec leurs parents biologiques.
Un scandale de trafic de bébés secoue la Géorgie
Une affaire déconcertante de trafic de bébés secoue l’État caucasien de Géorgie. Pendant plus d’un demi-siècle, un réseau de maternités, de crèches et d’agences d’adoption, motivé par l’appât du gain, a enlevé et vendu illégalement des bébés. L’ampleur de ce scandale commence à peine à être dévoilée.
La révélation par deux sœurs jumelles
L’histoire a pris un tournant inattendu lorsque Elene Deisadzé et Anna Pantchoulidzé, deux jeunes Géorgiennes de 19 ans, se sont retrouvées sur TikTok en 2022. Après avoir découvert leurs ressemblances frappantes, elles se sont liées d’amitié et ont plus tard découvert, grâce à un test ADN, qu’elles étaient sœurs jumelles.
« J’ai eu une enfance heureuse, mais maintenant tout mon passé me semble être une illusion », a confié Anna à l’AFP.
Une affaire qui touche des dizaines de milliers de familles
Malheureusement, le cas de ces deux jeunes sœurs n’est pas isolé. Selon la journaliste géorgienne Tamouna Mousseridzé, au moins 120 000 bébés ont été volés à leurs parents et vendus entre 1950 et 2006. « On disait aux mères que leurs bébés étaient morts peu après la naissance et étaient enterrés dans le cimetière de l’hôpital. En fait, les hôpitaux n’avaient pas de cimetière et les bébés étaient secrètement enlevés et vendus à des parents adoptifs. » a-t-elle révélé.
La lutte pour la réunification des familles
Face à cette tragédie, Tamouna Mousseridzé a créé un groupe Facebook en 2021 dans l’espoir de réunir les bébés volés avec leurs parents biologiques. Grâce à ses efforts, plus de 800 familles ont été réunies. Malgré les nombreuses zones d’ombre qui subsistent, sa lutte a permis de sensibiliser l’opinion publique à cette grave violation des droits humains.
« Le gouvernement n’a rien fait de concret pour nous aider. » déplore la journaliste, soulignant l’importance d’une prise de conscience collective pour que justice soit rendue.
