Sénat accuse Marlène Schiappa du ‘fiasco’ du Fonds Marianne
Le jeudi 6 juillet 2023, le comité d'investigation du Sénat a sévèrement critiqué la secrétaire d'Etat pour sa manière de gérer ce cas, qualifiant cela de "manœuvre politique".
Le jeudi 6 juillet 2023, une révélation embarrassante a été faite concernant la secrétaire d’Etat dans le cadre de la gestion d’un certain dossier. La commission d’enquête du Sénat a mis en lumière l’échec évident de cette dernière, qualifié de « coup politique ».
Un dossier controversé à l’égard de Marlène Schiappa
Le 6 juillet 2023, la commission d’enquête du Sénat a rendu son verdict suite à l’inspection générale de l’administration (IGA) sur un sujet épineux, le Fonds Marianne. La secrétaire d’Etat responsable de l’Economie sociale et de la Vie associative, Marlène Schiappa, a été désignée comme la principale responsable de ce désastre, qualifié par le Sénat de « fiasco ».
Cette conclusion cruciale a été détaillée lors d’une conférence de presse par Claude Raynal (PS), président de la commission des finances du Sénat, et Jean-François Husson (LR), rapporteur de la mission. « L’absence de rigueur, le manque de transparence ainsi que l’insouciance ont conduit à l’échec du Fonds Marianne. Il n’y a aucun doute sur le fait que nous sommes face à un coup politique » a affirmé ce dernier.
Des demandes de démission qui se multiplient
Après l’affaire Benalla en 2018, puis celle concernant le cabinet de conseil McKinsey en 2021, qui ont secoué le gouvernement Macron, c’est au tour de Marlène Schiappa, une autre personnalité du camp présidentiel, d’être soumise à un interrogatoire intense. Des soupçons de favoritisme et de gaspillage d’argent public planent sur elle.
Marlène Schiappa, une figure emblématique de la galaxie Macron depuis 2017, a vu son influence décliner. Elle est actuellement dans une position précaire, avec des appels répétés à la démission de la part de l’opposition de gauche.
Elle a eu du mal à convaincre les sénateurs lors de son audition très médiatisée le 14 juin, dédiée à ce fonds qu’elle a initié et lancé en 2021 après l’assassinat de Samuel Paty, alors qu’elle était ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.
Mohamed Sifaoui au centre de l’affaire
Après plusieurs articles et reportages mettant en lumière les maigres réalisations de certaines associations bénéficiaires de subventions publiques importantes, le Sénat s’est emparé de ce dossier en mai. Le fonds, doté au total de 2,5 millions d’euros, avait pour but de développer des « contre-discours » à l’islam radical sur les réseaux sociaux.
La justice a également ouvert une enquête en mai, confiée à un juge d’instruction, pour « détournement de fonds publics, détournement de fonds publics par négligence, abus de confiance et prise illégale d’intérêts ». Des perquisitions ont eu lieu en juin dans les résidences de plusieurs acteurs clés du dossier.
D’importantes irrégularités
Devant le Sénat, Mme Schiappa a assuré vouloir assumer sa « responsabilité politique », tout en se déchargeant régulièrement sur son administration. Elle a notamment souligné qu’elle n’avait pas fait partie du comité ayant sélectionné les associations lauréates, et qu’il ne lui incombait pas de suivre l’avancée des projets financés par l’argent public.
Elle a toutefois reconnu des « dysfonctionnements dans l’organisation et dans la gestion » du fonds Marianne, tout en minimisant : « je ne crois pas qu’on puisse imputer à (…) un responsable politique la malversation interne d’une structure à laquelle il fait confiance ».
