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Que faire si vous trouvez un oiseau tombé du nid dans votre jardin : conseils et erreurs à éviter

Planète
Par Benjamin,  publié le 22 juillet 2023 à 12h38, modifié le 22 juillet 2023 à 12h38.

Nombreuses sont les personnes qui, lorsqu'elles aperçoivent un volatile au sol, pensent immédiatement qu'il est en situation de détresse - sauf bien entendu, s'il présente des signes évidents de lésions. Cependant, la réalité est plus nuancée que cela.

Que faire lorsqu’on trouve un oiseau au sol ?

Qui n’a jamais rêvé, enfant, de découvrir un petit oiseau égaré dans le jardin pour s’en occuper et l’aider à reprendre son envol ? Cette situation, bien que touchante, requiert une certaine prudence. En effet, il existe des précautions à prendre pour assurer le bien-être de l’oiseau en question. Certains gestes sont à adopter et d’autres à éviter.

Comment savoir si l’oiseau est vraiment en détresse ?

Si vous trouvez un oiseau au sol, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est en danger ou en détresse. En l’absence de blessure visible, telle qu’une aile cassée ou une patte tordue, il est possible que l’oiseau soit tout à fait bien. « S’assurer que l’oiseau est réellement en détresse« , précise Anne-Laure Dugué, responsable des centres de soins pour la faune sauvage à la Ligue de protection des oiseaux (LPO), lors d’une interview avec directs.fr.

Certaines espèces, comme les merles ou les étourneaux, peuvent passer du temps au sol avant de s’envoler. D’autres espèces, comme les martinets ou les chouettes, ne vivent pas du tout au sol. Si vous voyez l’un de ces oiseaux au sol, il s’agit d’un signe de détresse.

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La dure réalité de la loi de la nature

Parfois, un oisillon peut être rejeté du nid par ses parents. Certaines espèces, tels que certains rapaces, les chouettes ou les cigognes, éliminent les plus faibles de la nichée pour assurer la survie des plus forts. « Dans une nichée de cinq/six oisillons, les parents peuvent choisir d’expulser l’oisillon le plus faible en le poussant hors du nid« , explique François Omnes, chef du service Usages et gestion de la biodiversité à l’Office français de la biodiversité (OFB), dans un entretien avec directs.fr.

Naturellement, l’oisillon le plus faible est susceptible de tomber du nid car c’est le moins nourri par exemple. Il va tomber spontanément ou être expulsé du nid. Ça peut sembler cruel, mais c’est la loi de la nature : physiologiquement, le parent doit faire des allers-retours en permanence pour nourrir leurs petits, donc ils optimisent pour assurer la survie de leur nichée.

François OmnesChef du service Usages et gestion de la biodiversité à l’OFB

L’oisillon est-il en phase d’émancipation ?

Si vous trouvez un oiseau au sol, il s’agit souvent d’un jeune qui se trouve dans une période d’émancipation, similaire à l’adolescence chez les humains, où il quitte le nid mais reste nourri par ses parents. Si vous avez un doute, l’idéal est de replacer l’oiseau dans le nid. Si celui-ci n’est pas accessible, mettez l’oisillon dans un conteneur approprié et placez-le en hauteur pour le protéger des prédateurs potentiels.

Restez à proximité immédiate du lieu où vous avez trouvé le petit oiseau, pour que les parents le retrouvent, la phase d’émancipation se faisant dans la même zone que le nid.

Anne-Laure DuguéResponsable des centres de soins pour la faune sauvage à la LPO

Comment manipuler l’oiseau avec précaution ?

Si l’oiseau que vous avez trouvé semble vraiment mal en point, ou si l’oisillon que vous avez remis dans son nid a été à nouveau exclu, il va falloir intervenir. Contactez au plus vite le centre de soins le plus proche de chez vous. Vous pouvez trouver la liste complète et les numéros de téléphone correspondants en cliquant ici. Si le centre est débordé, appelez directement la LPO qui vous conseillera au mieux en fonction de l’espèce recueillie.

Pour manipuler l’oiseau, commencez par le recouvrir d’un tissu pour le plonger dans le noir. Positionnez ensuite vos mains de chaque côté de ses ailes et vos doigts sous son ventre pour le soulever tout en douceur.

Prenez garde à son bec !

Pour manipuler l’oiseau en toute sécurité, il est préférable de porter des gants chirurgicaux. Non seulement cela sera plus hygiénique, mais surtout, le bec de l’oiseau peut représenter une véritable menace.

Certaines espèces, comme le goéland, méritent de faire très attention car leur bec peut être un vrai poignard. Même affaibli, l’oiseau reste sauvage et vivant, il peut rapidement tourner le cou et envoyer un coup de bec ou vous pincer.

Anne-Laure DuguéResponsable des centres de soins pour la faune sauvage à la LPO

Cependant, il est strictement interdit de scotcher le bec de l’oiseau ! Cela pourrait l’étouffer. Pour plus d’informations sur la manière de manipuler un oiseau et les précautions à prendre en fonction des espèces, vous pouvez consulter cet article de la LPO.

Comment prendre soin de l’oiseau une fois à l’abri ?

Une fois l’oiseau en sécurité dans une boîte adaptée à sa taille, il est important de le laisser au calme. La boîte doit être placée à l’ombre ou à l’intérieur, au frais. Il est préférable d’éviter de mouiller l’oiseau pour le rafraîchir quand il fait chaud. Si cela peut être agréable pour nous, humains, l’oiseau se contentera d’un espace tempéré pour se reposer.

À ne pas nourrir ni hydrater l’oiseau

Il est recommandé de ne pas donner à manger ni à boire à l’oiseau avant d’avoir contacté un centre de soins de la faune sauvage ou la LPO. Des aliments inappropriés ou une hydratation forcée pourraient causer plus de tort que de bien.

On conseille de ne donner ni à manger ni à boire à l’oiseau – du moins avant d’avoir contacter un centre de soins de la faune sauvage ou la LPO, et de savoir précisément à quelle espèce (protégée) on a affaire et comment agir en conséquence.

Anne-Laure DuguéResponsable des centres de soins pour la faune sauvage à la LPO

En cas de forte chaleur, on peut éventuellement proposer une coupelle d’eau pour que l’oiseau puisse boire ou, s’il est très jeune, « humidifier doucement les commissures du bec avec son index mouillé », note Anne-Laure Dugué.

Quand contacter un centre de soins ou la LPO ?

En résumé, si vous trouvez un oiseau dans votre jardin, « le maître mot est d’agir avec discernement en fonction de l’âge de l’oiseau et sa capacité à survivre », souligne François Omnes. Malgré tous vos efforts, un oisillon qui n’a pas de plumes et dont on voit la peau, « à part le remettre dans son nid, on ne peut pas faire grand chose dans l’immédiat ».

Au moindre doute, avant toute action pour aider un oiseau qui vous semble en détresse, « appelez rapidement les centres de soins voire directement la LPO », martèle Anne-Laure Dugué. Chaque année, les centres de la Ligue de protection des oiseaux soignent environ 20 000 animaux, majoritairement des oiseaux.

Et si vous deveniez bénévole ?

Il arrive que les centres soient débordés, surtout en été, et mettent un peu de temps à réagir, admet la spécialiste de la LPO. De plus, « quand on nous fait un signalement, on n’a pas toujours les moyens d’aller chercher les animaux et les oiseaux ».

La LPO recherche d’ailleurs activement des bénévoles rapatrieurs pour aider à faire les trajets et acheminer les animaux en détresse de leur lieu de découverte au centre de soins de faune sauvage.

« Si on veut aider la biodiversité à son échelle, en dehors de faire un don aux centres de soins ou aux associations, pourquoi ne pas se diriger justement vers un centre de soin et participer comme bénévole ? » suggère François Omnes. « Ça aussi, c’est un vrai engagement citoyen pour la biodiversité. »

Si la mission de bénévole rapatrieur à la LPO vous intéresse, vous pouvez trouver toutes les offres disponibles sur le territoire en cliquant ici. Il y a sans doute des besoins près de chez vous.

Le Récap
  • Que faire lorsqu’on trouve un oiseau au sol ?
  • Comment savoir si l’oiseau est vraiment en détresse ?
  • La dure réalité de la loi de la nature
  • L’oisillon est-il en phase d’émancipation ?
  • Comment manipuler l’oiseau avec précaution ?
  • Prenez garde à son bec !
  • Comment prendre soin de l’oiseau une fois à l’abri ?
  • À ne pas nourrir ni hydrater l’oiseau
  • Quand contacter un centre de soins ou la LPO ?
  • Et si vous deveniez bénévole ?
  • Si la mission de bénévole rapatrieur à la LPO vous intéresse, vous pouvez trouver toutes les offres disponibles sur le territoire en cliquant ici. Il y a sans doute des besoins près de chez vous.
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