Général Tchiani: Le leader du Niger après le putsch, qui est-il?
Le général Tchiani, leader du coup d'État qui a destitué Mohamed Bazoum, le président démocratiquement élu, prend désormais les rênes du Niger.
Abdourahamane Tchiani : Le nouveau dirigeant du Niger
Général Abdourahamane Tchiani, le commandant de la garde présidentielle du Niger, sera désormais à la tête du pays, succédant au président élu Mohamed Bazoum. Cet homme discret mais déterminé prend les rênes d’un pays malmené par la violence jihadiste et la pauvreté endémique.
De l’ombre à la lumière
Jusqu’à présent, cet officier d’une cinquantaine d’années, qui était le chef de la garde présidentielle, est resté en retrait de la scène publique. Le vendredi 28 juillet 2023, il a émergé de l’ombre, apparaissant sur la télévision nationale en tant que président de la junte qui a pris le pouvoir.
« On ne le connaît pas beaucoup en dehors des milieux militaires, il n’a pas de présence publique affichée. C’est un homme de l’ombre, puissant, mais pas une figure très consensuelle. », déclare Ibrahim Yahaya Ibrahim, chercheur pour International Crisis Group.
Abdourahamane Tchiani, réputé proche de l’ex-président Mahamadou Issoufou, qui l’avait nommé chef de la garde présidentielle durant ses deux mandats de 2011 à 2021, a été maintenu à son poste par Mohamed Bazoum, successeur d’Issoufou, récemment élu à la présidence.
Un changement de garde envisagé
Cependant, selon des sources proches du président Bazoum contactées par l’AFP, la relation entre le général Tchiani et le chef de l’État s’était détériorée ces derniers mois, Bazoum ayant exprimé son intention de le remplacer à la tête de la garde présidentielle. Le général Tchiani assistait rarement aux cérémonies officielles et aux activités du président, se faisant souvent représenter par son adjoint, le colonel Ibroh Amadou Bacharou, qui est également membre de la nouvelle junte.
« Son remplacement et une refonte en profondeur de la garde présidentielle devaient être décidés dès ce jeudi (27 juillet) en conseil des ministres. », révèle une source proche de Mohamed Bazoum.
Un « homme à poigne »
Originaire de Filingué, une zone très aride et isolée, à environ 200 km au nord-est de Niamey, dans la région de Tillabéri, théâtre d’attaques jihadistes depuis des années, le général Tchiani est considéré comme controversé au sein de l’armée par certains. Cependant, ses partisans le décrivent comme un « homme à poigne », « courageux » et surtout « populaire » parmi les quelque 700 membres de son unité.
Issa Abdou, un acteur de la société civile, souligne : « Comment aurait-il pu entraîner ses troupes dans le putsch s’ils n’avaient pas confiance en lui? »
Selon les autorités, le général Tchiani a déjoué plusieurs tentatives de coups d’État en 2021 et 2022. « Le général Tchiani est un officier qui a fait ses preuves sur le terrain », commente l’ancien militaire, Amadou Bounty Diallo.
La nouvelle junte est composée d’officiers de haut rang, dont certains ont été identifiés par l’AFP comme des figures clés de l’armée nigérienne, parmi lesquels le général Salifou Mody, ancien chef d’état-major des Armées, limogé en avril.
Certains d’entre eux ont déjà participé à des coups d’État antérieurs dans un pays dont l’histoire est jalonnée de putschs et de tentatives depuis son indépendance de la France en 1960.
