Que deviennent les vêtements non-vendus pendant les soldes?
La période des soldes s'est clôturée ce mardi 1er août 2023. Considérée comme une activité hautement polluante, la gestion des invendus est désormais encadrée par la loi contre le gaspillage. Qu'advient-il alors des habits non vendus ?
Le sort des vêtements invendus à l’ère de la loi anti-gaspillage
Le mardi 1ᵉʳ août 2023 a marqué la fin des soldes, laissant place à la collection automne/hiver 2023, tandis que les rideaux des magasins se fermaient sur les promotions et les articles à prix réduit. Cette fin de saison pose une question pertinente : qu’advient-il des vêtements invendus, sachant que l’industrie du textile est l’une des plus polluantes de la planète ?
La loi interdit la destruction des invendus
Depuis février 2020, la loi « anti-gaspillage pour une économie circulaire » est en vigueur. Elle a mis fin à la destruction des invendus non-alimentaires par les fabricants et les distributeurs, une pratique qui représentait de 10 000 à 20 000 tonnes de vêtements détruits chaque année. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, ces acteurs sont tenus de donner ou de recycler leurs produits invendus.
Le poids environnemental de l’industrie du textile
L’importance de cette loi est mise en lumière par des chiffres édifiants. Selon l’Agence de la Transition Écologique (Ademe), l’industrie du textile émet quatre milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an. C’est plus que l’impact combiné des vols internationaux et du trafic maritime. En 2050, à l’actuelle tendance de consommation, le secteur textile pourrait représenter 26 % des émissions globales de GES. Dans ce contexte, détruire les invendus reviendrait à polluer… inutilement.
Les conséquences néfastes de la fast-fashion
La fast-fashion a une part de responsabilité dans ce phénomène. Ses pratiques engendrent l’envoi de centaines de millions de produits neufs, non recyclables et invendables, qui finissent dans des décharges ou sur les plages, selon Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. En 2021, la France a envoyé 510 tonnes de vêtements invendus au Ghana, où ils finissent dans les décharges ou sur les plages.
Les solutions de déstockage
Face à ces invendus, les entreprises françaises disposent de diverses options. En plus des ventes classiques et des soldes, elles peuvent recourir à des plateformes de déstockage dédiées, comme Veepee ou Showroomprivé. A titre d’exemple, Kiabi a redistribué 27 % de ses invendus sous forme de dons en 2022, tandis que 69 % ont été déstockés.
L’augmentation des dons
Une des ambitions de la loi anti-gaspillage était de stimuler les dons aux associations. Selon l’Agence du Don en Nature, les dons de cette catégorie de produits ont augmenté de 30 % depuis 2018, avec une accélération après l’entrée en vigueur de la loi Agec.
Prévenir les invendus en amont
Pour éviter les invendus, il serait nécessaire de repenser la conception des collections. Yann Rivoallan souligne un changement de perspective sur le stock, avec un objectif de réduction du stock en fin de saison. Une autre approche serait de créer des collections plus saisonnières, destinées à être vendues rapidement, ou des articles « intemporels » pouvant être vendus année après année. La marque Jules, par exemple, gère ses stocks en arrêtant la production d’un article si celui-ci ne rencontre pas le succès prévu auprès de ses clients. Enfin, une autre solution serait de proposer davantage de collections en précommande, une stratégie qui a porté ses fruits pour des marques comme le Slip Français ou Asphalte.
