Pôle Emploi : une gestion critiquée par la Cour des comptes
Les salaires des cadres et des soucis dans la gestion des ressources humaines ont notamment été pointés du doigt par la Cour des comtpes.
Pôle Emploi va devoir redresser la barre… Alors qu’une crise économique consécutive à la crise sanitaire du Covid-19 est à craindre, le nombre de demandeurs d’emploi risque d’augmenter sensiblement dans les semaines à venir.
Dans ce contexte tendu, le rapport de la Cour des comptes sur la gestion et l’organisation de Pôle Emploi 10 ans après sa création a de quoi inquiéter.
Absentéisme et disparités salariales
C’est dans un document de 160 pages, détaillant la gestion de Pôle Emploi entre 2012 et 2018, que la Cour des comptes égratigne l’organisme. Plusieurs points noirs sont relevés dans cette étude et notamment un taux d’absentéisme « très élevé » chez les salariés de Pôle Emploi. Une situation qui pourrait avoir un rapport avec une forte hausse du chômage, impliquant une charge de travail supplémentaire et une pénibilité au travail plus importante. Le vieillissement du personnel expliquerait également la situation.
La Cour des comptes pointe également « un temps de travail annuel inférieur à la durée légale ». Les agents Pôle Emploi bénéficient en effet de 5 jours de repos supplémentaires en plus de ceux octroyés par le droit du Travail.
Gestion de Pôle emploi, dix ans après sa création : les objectifs fixés ont été atteints, mais ils ont manqué d'ambition ➡ https://t.co/YQVs7o5qvk#PoleEmploi
@pole_emploi @Travail_Gouv @unedic— Cour des comptes (@Courdescomptes) July 16, 2020
Quelques bons points
Autre grief contre Pôle Emploi, une forte disparité au niveau des salaires. Le traitement des « cadres dirigeants » est notamment jugé problématique alors que l’on demande des économies au secteur public. En plus d’avantages en nature quasi systématiques, les cadres dirigeants perçoivent des rémunérations jugées « excessives ». Ces derniers profiteraient également de conditions très favorables pour des ruptures conventionnelles de contrat en fin de carrière (un cas aurait notamment coûté 531 000 euros à l’organisme). La Cour des comptes conseille la mise en place d’un « comité des rémunérations » pour limiter ces disparités.
Le rapport dénonce également des résultats « incertains » quant à l’accompagnement des chômeurs de longue durée, mais également la mise en place d’indicateurs de performance axés sur « la satisfaction des demandeurs d’emploi quant à leur accompagnement » plutôt que sur « le retour à l’emploi ».
Si le tableau dressé par la Cour des comptes est peu reluisant, quelques bons points sont attribués à Pôle Emploi. Le développement du numérique permettant une meilleure productivité et un meilleur accompagnement est à mettre au crédit de l’organisme.
