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International

Cédéao : Ultimatum expiré au Niger suite au putsch, espace aérien fermé

International
Par Benjamin,  publié le 7 août 2023 à 7h28, modifié le 7 août 2023 à 7h29.

En réponse à la "possibilité d'une intervention", les forces armées ayant pris le contrôle du pays ont décidé de fermer leur espace aérien.

Prise de pouvoir au Niger : l’espace aérien fermé face à une potentielle intervention

Alors que les militaires ont pris le contrôle du Niger, l’espace aérien du pays a été clôturé « face à la menace d’une intervention« . Cela intervient alors que l’ultimatum ouest-africain, exigeant le rétablissement du président déchu Mohamed Bazoum, a expiré le lundi 7 août 2023 à minuit heure locale.

« Face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins, l’espace aérien nigérien est fermé (…) jusqu’à nouvel ordre« , a déclaré dimanche soir le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, qui a pris le pouvoir).

Le CNSP promet une « réponse énergique »

L’annonce précède l’expiration de l’ultimatum adressé le 30 juillet par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) aux militaires pour rétablir le président Bazoum, sous peine d’intervention armée. Le CNSP a averti que « toute tentative de violation de l’espace aérien » entraînerait « une riposte énergique et instantanée ».

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Le CNSP a également fait savoir qu’un « pré-déploiement pour la préparation de l’intervention a été fait dans deux pays d’Afrique centrale », sans préciser lesquels. « Tout État impliqué sera considéré comme cobelligérant », a-t-il ajouté.

Manifestation massive en faveur du coup d’État

Dimanche après-midi, environ 30 000 partisans du coup d’État se sont rassemblés dans le plus grand stade du Niger à Niamey. Parmi eux, beaucoup brandissaient des drapeaux du Niger, du Burkina Faso et de Russie. « Aujourd’hui c’est le jour de notre véritable indépendance !« , a lancé un jeune homme, tandis que la foule autour de lui criait des « À bas la France, à bas la Cedeao! ».

Le général Mohamed Toumba, numéro trois du CNSP, a pris la parole pour dénoncer ceux « qui sont tapis dans l’ombre » et qui « sont en train de manigancer la subversion » contre « la marche en avant du Niger ».

La perspective d’une intervention armée suscite des inquiétudes

Cependant, l’ensemble des partenaires occidentaux et africains du Niger ont condamné le coup d’État, malgré le soutien reçu par les militaires nigériens de leurs homologues du Mali et du Burkina Faso. Ces derniers ont déclaré qu’une intervention au Niger serait une « déclaration de guerre » à leurs deux pays.

La perspective d’une intervention armée a suscité de nombreuses inquiétudes et critiques. Samedi, les sénateurs du Nigeria, poids lourd de la Cedeao, ont appelé le président Bola Tinubu à « renforcer l’option politique et diplomatique ».

L’Algérie, autre voisin du Niger et acteur majeur dans le Sahel, a également émis des réserves. Le président Abdelmadjid Tebboune a estimé qu’une intervention serait « une menace directe » pour son pays. « Il n’y aura aucune solution sans nous », a-t-il ajouté, craignant que « tout le Sahel s’embrase ».

De nombreux résidents de Niamey – bastion de l’opposition au président déchu – espèrent ne pas avoir à vivre une intervention militaire. « Si la Cedeao intervient, ça va encore aggraver la situation. Mais les gens sont prêts et la population va soutenir les nouveaux dirigeants, parce que nous voulons du changement », assure Jackou, commerçant dans le textile.

La Cedeao et les pays occidentaux réclament un retour à l’ordre constitutionnel et la libération du président Bazoum, retenu prisonnier. « Nous condamnons la tentative de coup d’État au Niger qui constitue une grave menace pour la paix et la sécurité dans la sous-region », a déclaré dimanche soir le président ivoirien Alassane Ouattara.

Le Récap
  • Prise de pouvoir au Niger : l’espace aérien fermé face à une potentielle intervention
  • Le CNSP promet une « réponse énergique »
  • Manifestation massive en faveur du coup d’État
  • La perspective d’une intervention armée suscite des inquiétudes
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