Députés de la majorité interdits de parler au Journal du Dimanche
Ce jeudi 10 août 2023, les représentants parlementaires du mouvement de Macron ont été instruits de ne plus s'adresser à la presse jusqu'à une date indéterminée, cependant, la situation demeure plutôt ambiguë au plus haut niveau du gouvernement.
Le Journal du Dimanche suscite des réactions mitigées auprès des députés
Le 10 août 2023, une consigne particulière a été adressée aux députés appartenant à la majorité présidentielle : ils ont reçu l’ordre de ne pas s’exprimer auprès du Journal du Dimanche jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure fait suite à l’inquiétude suscitée par la ligne éditoriale du journal, dirigé par Geoffroy Lejeune depuis le 6 août 2023.
Le contexte de cette mesure controversée
L’arrivée de Geoffroy Lejeune à la tête de la rédaction du Journal du Dimanche a entraîné une grève de six semaines parmi les salariés du journal. Ancien de Valeurs actuelles, un magazine marqué à l’extrême droite, il a suscité des réactions mitigées au sein de l’équipe du journal.
Le président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Sylvain Maillard, a donc décidé de prendre position en demandant à ses députés de ne pas collaborer avec le journal, du moins tant que sa ligne éditoriale reste aussi « inquiétante » que celle du premier numéro.
Des réactions diverses face à cette consigne
La décision de Sylvain Maillard a déclenché plusieurs réactions. Clément Beaune, ministre des Transports, a exprimé son regret quant au choix de Saabrina Agresti-Roubache, secrétaire d’État chargée de la Ville, d’accorder une interview au Journal du Dimanche. Il a notamment déclaré sur RMC : « On peut parler de tout mais pas avec n’importe qui ».
De son côté, Sabrina Agresti-Roubache a défendu sa décision en affirmant que « le pluralisme, c’est accepter la confrontation ». Elle a également déclaré dans les colonnes du journal :
« Je réponds au JDD comme je me réjouis de l’invitation qui m’a été faite de venir débattre à la fête de l’Humanité. On ne peut pas avoir été Charlie, être allé manifester et mettre aujourd’hui en pièce la liberté d’expression. »
Sabrina Agresti-Roubache dans le JDD
Le sommet de l’État reste flou sur la question
Si les députés Renaissance ont reçu cette consigne de « boycott », aucune ligne officielle n’aurait cependant été donnée au sommet de l’État. Un membre du gouvernement a toutefois expliqué à France Inter que si « Matignon et les conseillers du président ne sont pas pour » une nouvelle interview dans l’hebdomadaire, « cela n’a pas été formalisé ».
Un autre député a déclaré à LCI être « sidéré » par cette consigne, affirmant qu’il n’avait « pas besoin de personne pour savoir où [il] met[ait] les pieds ».
En octobre 2019, Emmanuel Macron avait lui-même accordé une longue interview à Valeurs actuelles lors d’un vol retour de La Réunion, abordant des sujets tels que l’immigration, l’islam et le communautarisme.
