Manifestation pro-régime militaire près de la base française à Niamey, Niger
"Vive la défaite de la France, vive la défaite de la Cedeao", ont clamé les protestataires durant un attroupement qui s'est déroulé pacifiquement aux abords de l'installation française à Niamey.
Manifestations à Niamey contre la France et la CEDEAO
Le vendredi 11 août 2023, des milliers de partisans du régime militaire nigérien se sont rassemblés pour une manifestation pacifique aux abords de la base française à Niamey. Cette mobilisation intervient à la suite de l’approbation donnée par les dirigeants ouest-africains à l’utilisation de la force pour rétablir le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État. « À bas la France, à bas la CEDEAO », ont-ils scandé, exprimant leur colère et leur désapprobation.
Le régime militaire nigérien et ses partisans ciblent la France
Les partisans du coup d’État ont brandi des drapeaux russes et nigériens, exprimant leur soutien aux militaires au pouvoir, notamment à leur chef, le général Abdourahamane Tchiani. « Nous allons faire partir les Français! La CEDEAO n’est pas indépendante, c’est une manipulation de la France, il y a une influence extérieure », a déclaré Aziz Rabeh Ali, membre d’un syndicat étudiant en faveur du régime militaire. La France, ancienne puissance coloniale, est devenue la cible principale des militaires depuis leur prise de pouvoir.
La perspective d’une intervention militaire de la CEDEAO
Les dirigeants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont convenu d’activer et de déployer une « force en attente » pour rétablir le président Mohamed Bazoum. La date et les modalités de cette intervention n’ont pas été divulguées. Par ailleurs, les conditions de détention et le sort du président Bazoum, détenu avec sa famille depuis le coup d’État du 26 juillet, suscitent de vives inquiétudes. L’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA) et l’ONU ont condamné la « dégradation des conditions de détention » du chef d’État déchu, jugées « inhumaines » par l’ONU.
La résolution du conflit par la voie diplomatique
Malgré la menace d’une intervention militaire, la CEDEAO a réaffirmé son espoir d’une résolution du conflit par la voie diplomatique. Le président du Nigeria Bola Tinubu, qui assure actuellement la présidence tournante de la CEDEAO, a exprimé son espoir de parvenir à une « résolution pacifique », soulignant qu’un recours à la force ne serait envisagé qu’en « dernier ressort ». Les décisions de la CEDEAO ont reçu le « plein soutien » de la France, ainsi que des États-Unis qui soutiennent « le leadership et le travail de la CEDEAO » pour le « retour à l’ordre constitutionnel ».
