Unef alerte: Inflation va exploser le coût de la vie étudiante à la rentrée 2023
Suite à une année 2022 déjà marquée par l'inflation, les étudiants vont devoir faire face à un coût de la rentrée scolaire 2023 particulièrement élevé : une augmentation de 6,47 % par rapport à l'année précédente.
Une rentrée 2023 particulièrement coûteuse pour les étudiants
Après une année 2022 déjà marquée par l’inflation, les étudiants vont devoir faire face à une rentrée 2023 particulièrement onéreuse : une hausse de 6,47 % par rapport à l’année précédente, selon l’Union nationale des étudiants de France (Unef).
Cela se traduit par « une augmentation du reste à charge annuel de 594,76 euros, soit 49,56 euros par mois« , précise la 19e étude annuelle de l’Unef sur le coût de la vie étudiante, transmise à directs.fr le 14 août 2023. Une hausse sans précédent en près de deux décennies, alerte le syndicat étudiant.
« Jamais, en 19 ans d’enquête de l’Unef, l’évolution du coût de la vie étudiante n’avait atteint de tels sommets. […] Cette augmentation impacte fortement les conditions de vie des étudiant·e·s qui vont devoir faire des choix entre des dépenses essentielles et se restreindre sur tout un tas de besoins primaires. »
Union nationale des étudiants de FranceUnef
Voici, en détail, les principales dépenses qui affectent le budget des étudiants.
1 – Alimentation : une hausse de 14,3 %
L’alimentation, qui représente une « part significative du budget étudiant » selon l’Unef, a vu ses prix « exploser » au cours de l’année écoulée : une augmentation de 12,7 % en juillet 2023, selon les statistiques de l’Insee publiées le 11 août 2023. Malgré une baisse des prix par rapport aux mois précédents, l’inflation persiste.
En cause, la flambée des prix de l’énergie, mais aussi la « vive hausse des cours des matières premières alimentaires » suite à la crise sanitaire et économique du Covid-19, ainsi qu’au début de la guerre en Ukraine, explique Julien Pouget, chef du département Conjoncture de l’Insee, interrogé en avril 2023 par directs.fr.
Par conséquent, à la rentrée, les produits alimentaires coûteront 14,3 % de plus qu’en 2022. Les finances, souvent limitées, des étudiants s’en trouvent logiquement impactées.
Ce qui accentue la précarité étudiante, s’alarme l’Unef, notant que plus de quatre jeunes sur 10 sautent régulièrement un repas pour limiter leurs dépenses.
2 – Énergie : une augmentation allant jusqu’à 22 %
Le coût de l’énergie, qui a pesé sur les dépenses des Français ces deux dernières années, est l’une des principales causes de cette hausse des dépenses.
Depuis le 1er août 2023, les prix de l’électricité ont augmenté en moyenne de 10 %, avec la fin du « bouclier tarifaire » mis en place en 2022 pour alléger la facture des Français.
Quant au gaz, une modification est intervenue le 30 juin 2023, avec l’extinction des tarifs réglementés de vente de gaz (TRVG) et la fin du bouclier tarifaire sur le gaz. Le gouvernement espère que les prix seront maîtrisés, mais n’exclut pas de réactiver ce bouclier « cet hiver » 2024, indiquait le Médiateur de l’énergie fin juin dernier.
« L’inflation des coûts de l’énergie, avec des augmentations de 10,1 % pour l’électricité, 20,7 % pour le gaz et 22 % pour le gaz naturel, a un impact direct sur les étudiants qui sont bien souvent logés dans de véritables passoires thermiques. »
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Les logements parfois mal isolés et énergivores sont néanmoins dans la ligne de mire du gouvernement : depuis le 1er janvier 2023, des dizaines de milliers de logements très énergivores ont été retirés de la location. D’ici 2034, les logements classés E, F et G seront exclus du marché locatif.
3 – Le poids du loyer
Le loyer représente une part importante du budget des étudiants : 60,58 % en moyenne des dépenses, soit le premier poste de dépense étudiant. Et cette rentrée universitaire 2023 sera plus coûteuse, aussi bien pour le marché locatif privé que pour les logements CROUS.
- Une hausse de 1,72 % pour les logements privés
De nombreux étudiants sont contraints de trouver un logement pour poursuivre leurs études supérieures, ce qui a un coût. Un studio étudiant de 14 m2 coûte en moyenne 446 euros de loyer mensuel, et il faut compter en moyenne 547 euros par mois pour louer un studio de 23 m², selon les chiffres 2023 de la plateforme LocService.fr.
L’Unef estime pour sa part que le loyer national moyen dans le parc privé se situe à 570,69 euros par mois en 2023, soit une hausse de 1,72 % par rapport à 2022 (561,07 euros). C’est à Paris que la hausse est la plus prononcée : +2,01 % sur un an, pour un loyer moyen de 820,04 euros par mois.
D’où la nécessité de mieux réguler les loyers « dans toutes les villes universitaires » pour éviter des variations de prix trop importantes.
- Une augmentation allant jusqu’à 4 % pour les logements CROUS
Du côté des logements CROUS, les loyers augmentent également pour la rentrée 2023, constate l’Unef. Ce n’est pas la partie loyer, qui n’a pas changé depuis trois ans, qui est en cause, mais la part à charge qui a évolué, jusqu’à +4 % en moyenne, soit un loyer moyen pouvant désormais atteindre 394,83 euros contre 381,48 euros en 2022.
C’est un effort financier supplémentaire pour les étudiants boursiers, d’autant que, dans tous les cas, « le montant total du loyer est exigé jusqu’au versement de l’APL au Crous », rappelle le gouvernement. Autrement dit, vous payez d’abord, vous êtes remboursé ensuite.
« L’explosion de l’énergie a eu un réel impact sur le coût des logements et malgré les politiques de prise en charge d’une partie de l’augmentation par le service public des CROUS, le manque de budget accordé par le gouvernement conduit les étudiants à payer une partie de cette augmentation. »
Union nationale des étudiants de FranceUnef
L’Unef déplore également le manque de logements CROUS, malgré un plan gouvernemental prévoyant la construction de 60 000 nouveaux logements d’ici 2022. « À la rentrée 2023, l’augmentation du nombre de logements dans les CROUS n’aura été que de 3 067, soit un objectif rempli à seulement 5,11 % un an après la date prévue », critique le syndicat étudiant.
« Le manque de places dans les résidences CROUS à tarif social pousse donc les étudiants à s’orienter vers le parc privé dont le montant moyen a augmenté de 10,45 % depuis 2017. L’inaction politique du gouvernement conduit donc de plus en plus d’étudiants à voir leur loyer augmenter considérablement. »
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4 – Les transports en commun : une hausse allant jusqu’à 5,91 %
Essentiels pour se rendre en cours lorsque l’on n’a pas de véhicule, les transports en commun occupent une part importante dans le budget des étudiants. Comme le loyer, l’alimentation ou encore l’énergie, ils sont eux aussi touchés par l’inflation.
Cependant, cette hausse est inégale et dépend notamment de la ville d’étude. « [Le coût des transports] est fixé au bon vouloir des collectivités territoriales, même si certaines d’entre elles se sont emparées de ces problématiques ces dernières années pour réduire les dépenses des étudiants. »
« Une harmonisation vers le bas des tarifs des transports est dès maintenant nécessaire, notamment dans certaines grandes villes universitaires comme en Île-de-France où le coût des transports augmente encore cette année pour les jeunes de 6,57 %. L’UNEF revendique la mise en place par toutes les collectivités de tarification réduite pour les jeunes. »
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En moyenne, l’abonnement annuel aux transports en commun coûte 268,91 euros pour les étudiants non boursiers (soit une hausse de 5,91 % en un an) et 255,99 euros pour les étudiants boursiers (soit +3,95 % depuis 2022).
5 – Santé : une augmentation allant jusqu’à 18 %
Dernière dépense à prendre en compte dans le budget des étudiants, mais souvent négligée pour des raisons financières (38 % au cours des 12 derniers mois, selon l’Unef) : les frais liés à la santé.
La Mutuelle des étudiants (LMDE), partenaire de l’Unef, indique que « en un an, les dépenses liées aux consultations ont augmenté de 18 %, les dépenses pharmaceutiques de 17 % et les dépenses d’optique de 10 % ».
« Les dépenses liées à la prévention santé augmentent également de 15 %, s’ajoutant à une précédente augmentation de 38 % l’année passée. »
La Mutuelle des étudiantsLMDE
Il est vrai que les tarifs du domaine de la santé sont tirés vers le haut, à l’image des complémentaires santé, qui vont augmenter de 4,7 % en moyenne en 2023. Et ce n’est pas fini.
En effet, les tarifs des consultations médicales pourraient également être prochainement revalorisés, à hauteur de 26,50 euros (contre 25 euros actuellement). Une augmentation de 1,50 euro qui devrait intervenir à l’automne.
