Emmanuel Macron confronté à de nombreux défis à la rentrée politique
La pause estivale est désormais terminée. Ce mercredi 23 août 2023, Emmanuel Macron convoque le Conseil des ministres afin d'initier une rentrée politique qui semble être mouvementée.
La rentrée politique d’Emmanuel Macron
C’est le mercredi 23 août 2023 qu’Emmanuel Macron a donné le coup d’envoi de la rentrée politique, réunissant le Conseil des ministres après une pause estivale bien méritée. Cette rentrée s’annonce pour le moins mouvementée.
La Première ministre, Elisabeth Borne, s’est exprimée sur France Bleu le même jour à midi. Emmanuel Macron, quant à lui, a choisi le Point pour, comme l’a précisé l’Élysée, « établir les fondements de la rentrée » avec des « repères d’autorité et d’unité très forts ». Ceci, moins de deux mois après les émeutes urbaines.
Dans un entretien très attendu avec l’hebdomadaire, le Président de la République détaillera son initiative politique « sans précédent », qui sera mise en œuvre « rapidement », comme l’ont souligné ses proches.
Une « initiative politique majeure »
Emmanuel Macron avait annoncé cette « initiative politique majeure » peu de temps avant de passer trois semaines plutôt paisibles au Fort de Brégançon, la résidence estivale des présidents sur la Méditerranée. C’est de là qu’il a suivi, entre autres, la situation au Niger après le coup d’État militaire.
L’objectif de ces futures réunions avec les forces politiques « de l’arc républicain » est de rechercher, sur des thèmes-clés mais souvent sources de divisions, comme l’immigration, l’ordre, le travail, les services publics ou encore l’écologie, la majorité absolue dont le président est dépourvu à l’Assemblée nationale depuis sa réélection en 2022.
L’idée avait été énoncée début août dans Le Figaro Magazine et sera détaillée dans Le Point : deux hebdomadaires de tendance plutôt droite pour une démarche qui semble s’adresser principalement au parti Les Républicains.
« Ce sont les LR, en effet, qui pourraient être au centre de cette initiative », a déclaré un membre de la Macronie, indiquant que « tout doit être fait pour éviter » une éventuelle motion de censure votée par la droite avec les autres oppositions, susceptible de renverser le gouvernement d’Elisabeth Borne.
Un nouveau Conseil national de la refondation ?
Dans les couloirs du pouvoir, peu savent ce que le chef de l’État a en tête.
Un conseiller ministériel s’inquiète d’un « CNR bis », en référence au Conseil national de la refondation, une autre initiative prise il y a un an par Emmanuel Macron pour faciliter ses ambitions réformatrices, qui n’a jamais obtenu la visibilité espérée à l’Élysée.
« Il est toujours à la recherche de la formule magique, mais ne l’a pas encore trouvée », estime ce conseiller.
La rentrée des classes se profile
L’interview doit également permettre au président d’aborder ses projets pour l’école avant la rentrée des classes. Il prévoit probablement une visite dès la semaine prochaine avec le nouveau ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, figure de proue du petit remaniement effectué fin juillet.
Le président entend démontrer sa capacité d' »action » à travers « des réformes cruciales » qui se concrétisent à l’école et dans les lycées professionnels », selon son entourage. Il exposera également ses priorités lors de la conférence annuelle des ambassadeurs, avant de participer au sommet du G20 en Inde les 9 et 10 septembre puis d’accueillir le roi Charles III.
Écologie, Coupe du monde de rugby, violences urbaines…
Parmi les points forts des semaines à venir figurent la présentation de la planification écologique, à laquelle Emmanuel Macron consacrera plusieurs jours et des déplacements en septembre, et la Coupe du monde de rugby que la France accueille à partir du 8 septembre, moins d’un an avant les Jeux olympiques de Paris.
Fin juillet, le chef de l’État avait prôné « l’ordre » en réponse aux violences urbaines provoquées par la mort du jeune Nahel, tué par un policier lors d’un contrôle. Et mi-août, il a mis en garde la jeunesse française contre le « chaos » et la « désunion ».
Dans l’immédiat, il va devoir faire face au risque de voir son autorité sur ses troupes décliner à mesure que les prétendants à sa succession prennent leur indépendance.
Faudra-t-il recadrer Gérald Darmanin ?
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a ouvert la danse cet été en exprimant son « inquiétude quant à ce qui se passera en 2027 ». Il va tenter de donner le ton de la rentrée avec sa réunion politique de dimanche dans son fief de Tourcoing.
Le président va-t-il recadrer son ministre ? « Il observe les chevaux se mettre en ordre de marche », « mais tant que cela ne perturbe pas sa volonté de réforme, il n’a pas vocation à recadrer », estime un conseiller gouvernemental.
