Historique: L’Inde réussit première pose de fusée sur la Lune
C'est une première dans l'histoire de l'Inde : le pays a réussi à poser son engin spatial, nommé Chandrayaan-3, sur la lune.
L’Inde réalise un atterrissage inédit sur la Lune
Une nouvelle page de l’histoire spatiale s’est ouverte ce mercredi 23 août 2023 lorsque l’Inde, pour la première fois, a réussi à poser son vaisseau lunaire Chandrayaan-3 sur le pôle Sud de la Lune. Ce fait historique arrive quatre ans après une tentative infructueuse, positionnant l’Inde parmi les grandes puissances spatiales, juste après l’échec d’une sonde russe dans la même zone.
« Un jour mémorable pour l’industrie spatiale indienne »
Le vaisseau lunaire Chandrayaan-3, dont le nom signifie « véhicule lunaire » en sanskrit, a atterri à 12h34 GMT près du pôle Sud lunaire, une région encore peu explorée. Cette réussite marque une étape importante pour le programme spatial indien qui, quatre ans auparavant, avait perdu le contact avec le vaisseau peu de temps avant son arrivée sur la Lune. Le club des nations ayant réussi un alunissage contrôlé ne comptait jusqu’alors que l’Union soviétique, les États-Unis et la Chine. « C’est un jour mémorable pour l’industrie spatiale indienne », a déclaré le Premier Ministre Narendra Modi sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Objectif : explorer la surface lunaire
La mission Chandrayaan-3, mise en œuvre par l’Organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO), comprend un module d’atterrissage nommé Vikram, qui signifie « bravoure » en sanskrit, et un robot mobile appelé Pragyan (« sagesse » en sanskrit) destiné à explorer la surface de la Lune. Cette mission survient peu après le crash de Luna-25, la première sonde russe lancée vers la Lune depuis 1976. Chandrayaan-3 a mis plus de temps à atteindre la Lune que les missions habitées Apollo des années 1960 et 1970, qui n’avaient pris que quelques jours.
Une fusée moins puissante, mais efficace
La fusée indienne, bien qu’étant moins puissante que la Saturn V du programme lunaire américain, a réalisé cinq à six orbites elliptiques autour de la Terre pour accroître sa vitesse, avant d’être envoyée sur une trajectoire lunaire d’un mois. Le module Vikram s’est détaché de son module de propulsion la semaine dernière et a commencé à transmettre des images de la surface de la Lune depuis son entrée en orbite lunaire le 5 août. Après son alunissage, un rover fonctionnant à l’énergie solaire devrait explorer la surface et transmettre des données à la Terre pendant deux semaines.
Une navigation « sans accroc »
Au moment de l’atterrissage, l’ISRO a indiqué sur les réseaux sociaux que le processus se déroulait comme prévu et que le centre de contrôle était « plein d’énergie et d’excitation ». « La navigation se poursuit sans accroc », a précisé l’agence spatiale sur X (ex-Twitter). Le programme spatial indien, bien que disposant d’un budget plutôt modeste, a vu ses fonds augmenter significativement depuis sa première tentative de mise en orbite d’une sonde autour de la Lune en 2008.
Grâce à une ingénierie spatiale économe et à l’abondance d’ingénieurs hautement qualifiés et moins rémunérés que leurs homologues étrangers, l’Inde parvient à maintenir des coûts bas en adaptant et en reproduisant la technologie spatiale existante pour ses propres besoins. Les experts du secteur s’accordent à dire que l’Inde devrait lancer une mission habitée de trois jours en orbite terrestre d’ici l’année prochaine et que ses efforts pour explorer le pôle sud lunaire apporteront une contribution « très, très importante » au savoir scientifique.
