Manque de milliers de conducteurs: Pénurie de cars scolaires persiste
Le domaine du transport en car est confronté depuis longtemps à un manque de conducteurs. En 2022, il manquait pas moins de 8 000 chauffeurs rien que pour assurer le service de la rentrée de septembre.
Le secteur des transports scolaires confronté à une crise de recrutement
Le secteur des transports scolaires connaît depuis plusieurs années une pénurie de conducteurs. En 2022, le manque était particulièrement marqué avec un déficit de 8 000 chauffeurs pour la seule rentrée de septembre. La question se pose donc : l’année 2023 sera-t-elle plus clémente pour le secteur du transport d’élèves ? Rappelons que l’année précédente, près d’un enfant sur cinq était impacté par cette pénurie de chauffeurs.
Une réunion interministérielle s’est tenue le 23 août 2023, à l’approche de la rentrée scolaire, afin de faire un bilan sur les besoins du secteur et de réévaluer le plan d’action mis en place l’été dernier. Pour rappel, les cars scolaires assurent quotidiennement le transport de près de deux millions d’élèves.
Des mesures pour améliorer la situation
Selon Ingrid Mareschal, déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), l’année 2023 s’annonce plus positive. Cette amélioration serait le fruit des « mesures prises par la profession, par l’État, mais aussi par les régions ». Mareschal évoque notamment la revalorisation des salaires de 8 % pour cette année et de 12 % sur deux ans.
Elle précise également que le secteur a beaucoup investi dans la formation, ce qui a permis d’attirer davantage de conducteurs vers les entreprises.
Le pari de la formation
Le secteur du transport scolaire compte également sur une nouvelle filière d’apprentissage dédiée au métier de conducteur d’autocar, mise en place à la rentrée 2023. Cette nouvelle spécialité du CAP a été rendue possible grâce à l’abaissement de l’âge légal pour passer le permis de conduire D à 18 ans, en vigueur depuis mai 2021.
Grâce à cette nouvelle filière, la FNTV espère attirer davantage de jeunes conducteurs et anticiper les futurs départs à la retraite. « La moyenne d’âge chez nous reste autour de 50 ans » précise Mareschal.
Un taux de postes vacants de 7 %
Malgré ces avancées, la situation reste tendue. A ce jour, « la moyenne de postes vacants dans les entreprises atteint 7 % », précise Ingrid Mareschal. Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, note toutefois une diminution de 25 % des emplois vacants par rapport à 2022.
« Il manque encore de plusieurs milliers de conducteurs »
Trois territoires subissent particulièrement cette pénurie de chauffeurs : les zones frontalières, les Hauts-de-France et la région Auvergne Rhône-Alpes.
« Il manque encore de plusieurs milliers de conducteurs. » déclare Ingrid Mareschal, Déléguée générale de la FNTV.
Mareschal estime ce manque à « environ 5 000 chauffeurs », tandis que Clément Beaune évoque le chiffre de 6 000 emplois vacants. « Nous avons 3 000 offres d’emploi disponibles, mais le manque est toujours supérieur au nombre d’offres » ajoute la responsable de la FNTV, soulignant la difficulté de remplacer un chauffeur en cas d’absence inopinée.
