Des poissons hybrides « impossibles » créés accidentellement
Les processus d'hybridation d'espèces animales, et végétales d'ailleurs, sont aujourd'hui bien connues des scientifiques. Mais certaines espèces restent incompatibles. Voici pourtant un exemple surprenant, entre deux espèces de poissons.
Esturgeons et spatulaires sont parmi les poissons d’eau douce les plus gros de notre planète. Ce sont aussi les plus menacés. Disparition de leur habitat, surpêche, pollution, les populations ont été décimées. Le chercheur Hongrois Attila Mozsár et son équipe ont cherché à élever ces deux poissons en captivité pour préserver les espèces… Et surprise !
Esturgeons et spatulaires donnent naissance à des hybrides « impossibles »
Parmi les nombreuses expériences réalisées, la tentative de gynogenèse – une forme de production asexuée avec spermatozoïdes mais sans apport réel d’ADN – chez l’esturgeon. Et les chercheurs ont été étonnés de constater qu’un transfert d’ADN avait eu lieu. Des centaines de poissons hybrides sont alors nés. Un mois plus tard, plus des deux tiers étaient encore vivants. Certains ressemblant à moitié à leur mère, à moitié àn leur père, d’autres ressemblant énormément à l’un ou à l’autre.
Une découverte étonnante qui pourrait permettre de sauver les deux espèces de l’extinction
Si ces deux espèces ont un ancêtre commun – datant des dinosaures -, elles ont évolué indépendamment, sur des continents différents. Impossible donc qu’elles puissent être sexuellement compatibles, sur le papier tout du moins. Cela étant dit, ces deux espèces très anciennes ont peu évolué : « Ces poissons ‘fossiles’ ont des taux d’évolution extrêmement lents, donc ce qui peut nous sembler long ne l’est pas forcément pour eux« , explique Salomon David, écologiste aquatique à la Nicholls State University en Louisiane. Dennis Scarnecchia, de l’Université de l’Idaho, poursuit : « De nombreux aspects de leur anatomie et de leur physiologie sont également très similaires. Les deux espèces ont une peau sans écailles, des intestins à valve spirale et des endosquelettes cartilagineux. »
L’objectif de ces chercheurs n’est pas de lancer une nouvelle espèce, la plupart étant probablement stériles comme la majorité des hybrides, mais ils vont étudier leur reproduction pour espérer pouvoir sauver ces deux espèces emblématiques de l’extinction. À suivre !
