Scandale au British Museum : démission du directeur suite au vol d’environ 2000 œuvres
Près de 2 000 pièces artistiques ont été dérobées au Musée Britannique, situé à Londres. Face à cette situation chaotique, le directeur, Hartwig Fischer, a présenté sa démission. Voici les détails.
Un scandale d’ampleur internationale secoue le British Museum
Le British Museum à Londres est devenu le centre d’un scandale mondial. L’institution prestigieuse a fait les gros titres après avoir déjà mis fin au contrat d’un employé. Le musée a reconnu le samedi 26 août 2023, sur la BBC, que « environ 2 000 » œuvres d’art avaient été dérobées, bien que certaines aient déjà été restituées. Cette révélation a été faite par George Osborne, le président de l’institution fondée en 1753.
La veille, le directeur du musée, Hartwig Fischer, avait démissionné à la suite de cette série de vols dans les collections du musée, l’une des plus vastes au monde avec huit millions de pièces, dont environ 80 000 sont exposées au public, a annoncé le musée dans un communiqué.
Des signaux d’alerte ignorés depuis 2021
Le mercredi 23 août, la BBC a révélé l’existence d’e-mails envoyés dès 2021 par Ittai Gradel, un vendeur d’art, alertant le musée de vols. « Il est manifeste que le British Museum n’a pas répondu comme il aurait dû aux avertissements et au problème qui est désormais clairement visible », a déclaré Hartwig Fischer dans un communiqué. George Osborne a pourtant soutenu que Hartwig Fischer, en fonction depuis 2016, « a fait preuve d’honneur en assumant les erreurs qui ont été commises. Personne n’a jamais douté de [son, NDLR] intégrité ».
Les objets dérobés sont de petites pièces stockées dans les réserves du musée, qui ne dispose pas d’un inventaire complet de ses collections acquises au fil des siècles. Parmi les pièces manquantes, on compte notamment des bijoux en or, des pierres semi-précieuses et de la verrerie datant du XVe siècle avant J.-C. au XIXe siècle après J.-C.
Des objets volés retrouvés en vente sur eBay
Les révélations continuent de surgir. Certains des objets volés ont apparemment été mis en vente sur le site de commerce en ligne eBay pour des sommes dérisoires. De plus, la presse britannique a identifié l’employé licencié comme étant Peter Higgs, un conservateur respecté dans le milieu de l’art. Cet homme, qui nie toute implication, avait récemment été promu pour superviser des sculptures grecques, malgré des suspicions, selon The Guardian.
Le lundi 28 août 2023, l’affaire a provoqué une réaction de Pékin qui a demandé au British Museum de restituer tous les objets culturels chinois acquis par des moyens inappropriés, selon le Global Times, un média soutenu par l’État, dans un éditorial.
Le British Museum sous le feu des critiques internationales
« La récente révélation que près de 2 000 objets de la collection du British Museum ont inexplicablement disparu a choqué non seulement le Royaume-Uni, mais aussi tous les autres pays qui possèdent des collections au British Museum (…) Ce que le British Museum néglige, ce qu’il perd et ce qu’il brise, ce sont des biens culturels appartenant à d’autres pays », peut-on lire dans l’éditorial.
La semaine dernière, la Grèce avait renouvelé sa demande de restitution des marbres du Parthénon, affirmant qu’ils n’étaient pas en sécurité au sein de l’institution britannique.
