Éducation aux gestes de secours pour arrêts cardiaques : une nécessité urgente
En France, chaque année, on dénombre 40 000 individus qui perdent la vie suite à un arrêt cardiaque soudain qui se produit en dehors d'un cadre hospitalier.
L’arrêt cardiaque brutal : un fléau mortel en France
Chaque année en France, un drame silencieux se joue. Rien de moins que 40 000 individus succombent à un arrêt cardiaque brutal hors des murs de l’hôpital. Ce bilan effroyable pourrait pourtant être réduit si les gestes de premiers secours étaient plus largement diffusés et maîtrisés par la population. C’est la conclusion d’une trentaine d’experts qui publient leurs recommandations dans un article paru le dimanche 27 août 2023 dans la revue médicale britannique, The Lancet.
Les décès liés à des arrêts cardiaques se comptent par millions à travers le monde : quatre à cinq millions chaque année pour être exact. En France, le bilan s’élève à 40 000 morts par an. Ces accidents frappent majoritairement des hommes, avec un âge moyen de 68 ans. Dans trois quarts des cas, l’infarctus du myocarde est la cause de la mort subite, mais des maladies cardiaques héréditaires peuvent également être en cause, notamment chez les victimes les plus jeunes.
« Malgré toutes les avancées technologiques et médicales du XXIe siècle, le fait que la survie reste inférieure à 10% dans la plupart des régions du monde est inacceptable. »
Eloi Marijon, Professeur de cardiologie à l’université Paris-Cité
Prévention et sensibilisation : les clés pour sauver des vies
Eloi Marijon, professeur de cardiologie à l’université Paris-Cité, chercheur à l’Inserm et auteur de cet article dans The Lancet, souligne l’importance de la prévention et de la sensibilisation pour lutter contre ce fléau. Il rappelle notamment que la réaction rapide et l’application des gestes de premiers secours peuvent faire toute la différence. Il prône ainsi une meilleure formation à ces gestes auprès du grand public.
« Il faut faire passer ce message : si vous êtes témoin d’un arrêt cardiaque, allez-y, sans attendre l’arrivée des secours. Vous ne pourrez pas tuer un mort ! On perd 10% de chance de survie à chaque minute qui s’écoule. », insiste Eloi Marijon.
Les experts recommandent également une meilleure accessibilité des défibrillateurs grand public, notamment dans « tous les lieux publics », ainsi que l’utilisation de défibrillateurs mobiles.
Comprendre pour mieux prévenir
Il est également essentiel d’améliorer notre capacité à prédire ces événements tragiques. Eloi Marijon insiste sur l’importance des autopsies en cas de mort subite d’origine cardiaque. « Il y a parfois des causes génétiques, et cela aide aussi pour faire le deuil », explique-t-il.
Enfin, une meilleure prise en charge des survivants une fois sortis de l’hôpital est nécessaire, car « il reste des séquelles neurologiques et psychologiques importantes qui nécessitent de la rééducation ».
Comment réagir face à un arrêt cardiaque ?
La Croix Rouge donne quelques conseils de base :
- Appelez les secours d’urgence (le 15 ou le 18)
- Si disponible, apportez un défibrillateur automatisé externe
- Effectuez 30 compressions thoraciques et deux insufflations
- Continuez la réanimation jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à ce que la victime reprenne une respiration normale.
Le massage cardiaque est un geste simple mais vital. Voici comment le réaliser :
- Placez la victime sur un sol dur
- Agenouillez-vous à côté d’elle
- Placez le talon d’une de vos mains au milieu de sa poitrine nue
- Placez le talon de l’autre main sur la première
- Comprimez le sternum verticalement, en l’enfonçant de 5 à 6 cm
- Après chaque pression, laissez la poitrine de la victime reprendre sa position initiale
- Effectuez 30 compressions thoraciques à une fréquence de 100 par minute, soit environ deux compressions par seconde
- Pratiquez ensuite deux insufflations par la technique du bouche-à-bouche.
