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Société

Pénurie de logements étudiants: Pourquoi aucune réponse positive?

Société
Par Benjamin,  publié le 30 août 2023 à 19h23, modifié le 30 août 2023 à 19h23.

Chaque année, lorsque septembre arrive, environ trois millions d'étudiants retournent à leurs études. Cependant, le domaine de la location est tellement encombré qu'il n'offre pas suffisamment de logements pour tous. Quelle en est la raison ?

Crise du logement étudiant : une situation qui ne cesse de se dégrader

Chaque année, aux alentours de septembre, près de 3 millions d’étudiants font leur rentrée universitaire. Le marché de la location, saturé, ne permet pas de loger tout le monde. Une situation qui soulève une question cruciale : pourquoi un tel décalage?

Alban*, un étudiant de 22 ans à l’INSA de Rennes, affiche désespérément le chiffre « 29 » sur sa messagerie Leboncoin, correspondant au nombre de demandes de logement qu’il a envoyées. Malgré sa persévérance, aucune réponse positive ne lui est parvenue. Devant l’urgence de la situation, Alban envisage à contre cœur une chambre de 9m² dans une résidence de l’école, bien loin de ses attentes initiales.

Comme lui, nombreux sont les étudiants qui expriment leur désarroi sur les groupes Facebook des grandes villes universitaires, à l’approche de la rentrée. Cette situation préoccupante n’est hélas pas nouvelle. Elle ne cesse de s’aggraver chaque année.

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Un nombre insuffisant de logements pour accueillir tous les étudiants

Aux dires des professionnels du secteur, le problème réside principalement dans le manque de logements. Philippe Campinchi, directeur général de l’AIRES (Association Interprofessionnelle des Résidences Étudiantes et Services), explique que la fluctuation démographique n’a pas été prise en compte dans le nombre de constructions effectuées. En conséquence, le nombre de logements disponibles est insuffisant pour le nombre croissant d’étudiants, notamment internationaux.

Selon lui, les pouvoirs publics sont en partie responsables de cette situation. Les promesses de construction de logements n’ont pas été tenues et le coût du foncier a atteint des sommets, ce qui n’encourage pas la construction et la location de logements.

Des loyers en constante augmentation

Avec près de 3 millions d’étudiants chaque année et un parc immobilier locatif insuffisant, les loyers augmentent inexorablement. Eric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier, résume la situation avec une pointe d’ironie : « Moins il y a de constructions, et donc de logements en location, plus les loyers grimpent, et plus les étudiants galèrent. Ça devient le parcours du combattant pour des jeunes qui sont parfois précaires, avec des bourses insuffisantes, ou sans bourse du tout, et qui ne trouvent donc pas de toit car les loyers sont trop chers. »

Cette situation est particulièrement problématique dans les grandes villes universitaires françaises comme Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes ou Toulouse, sans oublier Paris et sa périphérie.

Une rentrée universitaire mal synchronisée

Le calendrier universitaire pourrait également expliquer cette pénurie de logements étudiants. En effet, la rentrée ayant lieu au premier trimestre, le marché du logement étudiant est submergé de demandes dès le mois de septembre. Un échelonnement des rentrées universitaires permettrait d’éviter cette crise.

Cela pose davantage de problèmes pour les étudiants qui connaissent leurs affectations plus tardivement, comme les jeunes en classes préparatoires qui reçoivent parfois les résultats de leurs concours courant août.

Des propriétaires moins enclins à louer

Par ailleurs, l’investissement locatif est de moins en moins attractif pour les propriétaires, notamment en raison des obligations de rénovation énergétique. Ces derniers sont souvent contraints de débourser des sommes importantes pour mettre leurs logements aux normes. Certains optent alors pour la vente de leur bien ou préfèrent le louer via des plateformes comme Airbnb.

D’autres facteurs, comme l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, incitent les propriétaires à augmenter les loyers. De surcroît, les étudiants sont souvent perçus comme des locataires précaires ou volatiles, ce qui dissuade les propriétaires de louer leurs biens.

Des prix exorbitants

Face à cette situation, certains étudiants sont contraints d’augmenter leur budget. C’est le cas d’Alban qui, espérant augmenter ses chances de trouver un logement, a revu son budget à la hausse, passant de 450 euros à 600 euros pour un studio. Malgré cela, il n’a reçu aucune réponse positive à ses demandes.

De même, Emma, étudiante à Paris Dauphine, a rencontré de nombreuses difficultés lors de sa recherche de logement. Malgré des efforts constants, passant « près de 4h par jour quotidiennement » dans ses recherches, elle n’a rencontré aucun succès.

Un marché immobilier étudiant en crise

La recherche de logement étudiant est devenue un véritable parcours du combattant. Entre l’augmentation des loyers, la pénurie de logements et la frilosité des propriétaires à louer à des étudiants, la situation est critique. Les professionnels du secteur s’accordent à dire que sans augmentation du nombre de locations, les loyers ne pourront pas baisser.

Ils estiment donc que les pouvoirs publics doivent encourager l’investissement locatif, en proposant des aides spécifiques pour le logement étudiant. Cependant, même si des mesures sont mises en place immédiatement, il faudra plusieurs années pour que la situation s’améliore.

*Le prénom a été modifié.

Le Récap
  • Crise du logement étudiant : une situation qui ne cesse de se dégrader
  • Un nombre insuffisant de logements pour accueillir tous les étudiants
  • Des loyers en constante augmentation
  • Une rentrée universitaire mal synchronisée
  • Des propriétaires moins enclins à louer
  • Des prix exorbitants
  • Un marché immobilier étudiant en crise
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