Feux de forêt en Grèce : plus de 150 000 hectares dévastés et incendies toujours en cours
À l'instar de nombreux autres pays bordant la Méditerranée, la Grèce est frappée durement par d'intenses incendies forestiers qui ont causé la mort d'au moins 25 personnes depuis le commencement de l'été.
Les incendies de forêt qui ravagent la Grèce ont causé la mort d’au moins 25 personnes depuis le début de l’été. Parmi les pays méditerranéens touchés par ces catastrophes, la Grèce est particulièrement affectée, avec plus de 150 000 hectares de végétation consumés, notamment le parc national de Dadia, situé au nord du pays. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a attribué la gravité de ces incendies à la crise climatique en cours.
Une situation critique qui perdure depuis 13 jours
Comme de nombreux autres pays du bassin méditerranéen, la Grèce est aux prises avec des incendies de grande envergure. Le plus récent, qui ravage depuis 13 jours la forêt de Dadia dans le département d’Evros, frontalier de la Turquie, a déjà détruit plus de 81 000 hectares. Environ 600 pompiers, secondés par 10 avions et sept hélicoptères, luttent contre cet incendie qui s’est déclaré dans cette forêt dense de pins et de chênes, habitat de nombreux rapaces protégés par le réseau européen Natura 2000. La Commission européenne a envoyé 11 avions, un hélicoptère et 407 pompiers supplémentaires pour aider la Grèce à lutter contre cet incendie, le plus important jamais enregistré dans l’Union européenne.
Des températures record en juillet
En juillet, une canicule prolongée a frappé la Grèce, avec des températures atteignant 46 °C dans le sud du pays. Cette vague de chaleur a provoqué de nombreux feux de forêt, notamment sur les îles touristiques de Rhodes et Corfou, où plus de 50 000 hectares ont été ravagés par les flammes, entraînant l’évacuation de milliers de vacanciers et de villageois.
Un bilan humain lourd
Les incendies de forêt ont fait au moins 25 morts depuis le début de l’été, dont 20 migrants présumés dont les corps calcinés ont été découverts près d’Alexandroupolis, dans la région d’Evros. Le Parlement a observé une minute de silence en leur mémoire. Ces incendies représentent également un « désastre écologique » et économique pour la région d’Evros, l’une des plus pauvres de Grèce.
Crise climatique et méga-incendies
Face aux vives critiques de l’opposition de gauche qui dénonce une mauvaise coordination dans la lutte contre les incendies, le Premier ministre a rappelé que la Grèce avait été frappée par « des conditions extrêmes » dues à la crise climatique et aux « méga-incendies ». Il a également évoqué des vents inhabituels à Evros et « des semaines avec plus de 500 incendies ».
« Il n’y a pas de temps ni d’espace pour les excuses »
Le parti d’opposition Syriza a jugé Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis quatre ans, responsable de cette catastrophe naturelle sans précédent. Pour Socratis Famellos, le président du groupe parlementaire de Syriza, « après quatre ans de gouvernance, il n’y a pas de temps ni d’espace pour les excuses ». En réponse à ces critiques, le Premier ministre a promis des indemnisations pour les agriculteurs et les personnes dont les logements ont été endommagés, ainsi que des mesures pour le reboisement des zones ravagées.
