Gabon Coup d’Etat: Putschistes ciblent la corruption et multiplient les rencontres
Suite au coup d'état militaire qui a mis fin au règne de Bongo, Brice Oligui Nguema, qui s'est auto-proclamé "président de la transition", se prépare à dialoguer avec les "acteurs majeurs de la République".
Brice Oligui Nguema : un président de transition sur le terrain
Deux jours après le putsch militaire qui a mis fin au règne de Bongo au Gabon, le « président de la transition », Brice Oligui Nguema, s’est lancé dans une série de réunions avec les « forces vives de la Nation » et le corps diplomatique. Ce tourbillon d’activités intervient dans le contexte d’une mise en garde adressée aux entrepreneurs accusés de corruption.
Ali Bongo Ondimba, le président renversé, est actuellement en résidence surveillée à Libreville suite au coup d’État orchestré par le général Oligui Nguema. Sa femme, Sylvia Bongo, d’origine franco-gabonaise, est également tenue en lieu secret, comme l’ont relayé ses avocats, tout en portant plainte en France pour détention arbitraire.
Le général Oligui face à l’opposition
Le général Oligui, à la tête de la garde prétorienne de la famille Bongo qui a dirigé le pays pendant 55 ans, continue de négliger les revendications de l’opposition. Cette dernière, convaincue d’avoir remporté les élections présidentielles du 26 août, insiste pour que les militaires au pouvoir remettent le pouvoir à leur candidat, Albert Ondo Ossa.
Cela n’empêche pas le général de maintenir un rythme soutenu de rencontres avec les « forces vives de la Nation », initiées la veille.
Mise en garde aux chefs d’entreprise
Le président de transition a mis en garde les chefs d’entreprise gabonais, les menaçant de procédures judiciaires. Il les accuse d’avoir contribué à la corruption à grande échelle, par le biais de « surfacturations » systématiques.
Le regard sévère, il leur fait le reproche collectif d’un manque « d’engagement et de patriotisme », les enjoignant à « remettre en question » leurs pratiques et à mettre fin à la « surfacturation » courante dans les contrats avec l’État ou le secteur public. Ces derniers conduisent souvent à des rétrocommissions pour les hauts responsables de l’État.
Réunion avec les bailleurs de fonds étrangers et organisations internationales
Après avoir rencontré les leaders religieux, les chefs d’entreprise et les représentants de la « société civile », le président de la transition a invité les représentants des bailleurs de fonds étrangers, des organisations internationales et ceux du corps diplomatique de Libreville.
Les ambassades des pays ou organisations ayant condamné le coup d’État ont fait savoir à l’AFP qu’elles n’avaient pas envoyé leur numéro un mais des diplomates de rang inférieur. Aucune information n’était disponible sur cette réunion vendredi en fin d’après-midi.
