Contenu de la lettre d’Emmanuel Macron aux chefs de partis : Conférence sociale, référendum
Le président de la nation suggère aux leaders des partis politiques une réunion en octobre pour discuter de la question des faibles revenus, parmi d'autres sujets. Nous vous offrons un aperçu du contenu de cette lettre.
Le 7 septembre 2023, une semaine après une réunion marathon de 12 heures, Emmanuel Macron a adressé une lettre aux dirigeants de partis politiques. Il a promis des propositions sur l’expansion du champ du référendum, qui pourrait être utilisé pour l’immigration après une révision constitutionnelle.
Rencontre des chefs de partis politiques en octobre
Dans cette lettre de six pages, dont l’AFP a obtenu une copie, Emmanuel Macron propose de se réunir à nouveau avec les chefs de partis politiques cet automne. Il s’engage à proposer une modification de l’usage du référendum « dans les semaines à venir ».
Il admet que le débat à Saint-Denis n’a pas abouti à un consensus, mais il croit que cela « permettra de poursuivre notre échange lors de notre prochaine rencontre ». Un calendrier pour développer des solutions concrètes répondant aux attentes des citoyens sera communiqué dans la semaine à suivre, précise-t-il.
L’objectif de la première rencontre : faciliter les référendums
Emmanuel Macron avait rassemblé les dirigeants de partis et les présidents des assemblées pour cette première rencontre, dans le cadre d’une « initiative politique d’envergure ». L’objectif est de dépasser les clivages et de proposer des textes législatifs ou de faciliter la tenue de référendums pour éviter les blocages dus à l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.
Cet exercice a laissé les oppositions sceptiques, en particulier à gauche. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a averti qu’il ne reviendra que si l’ordre du jour est strict.
L’immigration au cœur des discussions
Dans sa lettre, Macron a noté que la question de l’immigration, malgré les « désaccords connus », ne peut être éludée. Un projet de loi sur l’immigration sera débattu au Parlement cet automne. L’immigration pourrait éventuellement faire l’objet d’un référendum, suite à un accord sur une révision constitutionnelle.
La question de l’intégration des étrangers sera également abordée, notamment par le biais des deux questions cruciales du logement et de la répartition des primo-arrivants sur le territoire. Un projet sera lancé « très rapidement » sur ces points.
Sur les questions institutionnelles et de « la vie démocratique », Macron propose de « travailler directement » avec les chefs de partis « dans les mois à venir » pour élaborer la proposition la plus ambitieuse possible.
Il demande à Elisabeth Borne de lui proposer des décisions concrètes d’ici un mois sur la déconcentration de l’action de l’État pour renforcer l’efficacité du couple maire-préfet.
Conférence sociale en octobre
Le président Macron a également confirmé la tenue d’une conférence sociale sur les bas salaires en octobre. Cette conférence sera ouverte par la Première ministre et le ministre du Travail. Il y sera discuté les branches où la rémunération est inférieure au salaire minimum et l’évolution des salaires et des revenus.
Il mentionne également un texte attendu sur la solidarité intergénérationnelle et la dépendance, préparé avec les départements, d’ici la fin de l’année.
Enfin, Macron a promis de présenter la feuille de route sur la planification écologique aux forces politiques, via Elisabeth Borne, « dans les meilleurs délais ».
Cette feuille de route devrait être présentée la semaine du 18 septembre, selon le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.
Boycott du CNR par les syndicats
Cette lettre aux partis risque d’éclipser une autre réunion politique du chef de l’État, la troisième édition plénière du Conseil national de la refondation (CNR), principalement dédiée à l’éducation.
Cependant, cet outil de Macron, qui vise à « bâtir des consensus », sera une fois de plus boycotté par les oppositions et une partie des syndicats, dont la CGT, Force ouvrière et la CFE-CGC.
Le CNR, méconnu des citoyens, a du mal à s’implanter dans le paysage politique, suscitant des interrogations sur son avenir qui pourrait se poursuivre au niveau local, axé sur l’éducation et la santé.
