Les mesures de confinement, de distanciation physique et la fermeture des lieux publics ont eu certains bienfaits. C'est le cas notamment en ce qui concerne la grippe saisonnière. D'autres épidémies ont aussi soudainement cessé.
La grippe saisonnière fait chaque année entre 290 000 et 650 000 morts dans le monde entier, selon la durée de l’épidémie et l’efficacité du vaccin. Cette année, avec la crise sanitaire liée au Covid-19 et les mesures prises, la saison a cessé brutalement. Ce qui a déjà permis de sauver des centaines de milliers de vies, selon l’OMS.
Le Covid-19 a déjà eu un énorme impact sur les autres épidémies saisonnières
« Globalement, l’activité grippale est moins importante que prévu pour cette période de l’année. Dans la zone tempérée de l’hémisphère Nord, une forte baisse de l’activité grippale a été observée ces dernières semaines », explique l’Organisation Mondiale de la Santé. Et ce dès la dernière semaine de Mars, qui coïncide avec l’entrée en vigueur du confinement. Ainsi, la saison de la grippe a été raccourcie de 6 semaines. À Hong Kong, avec une période plus courte de 63,2%, le nombre de morts a été réduit de 62,3%.
D’autres maladies infectieuses subissent la même tendance. C’est le cas de la varicelle – réduite de moitié à Hong-Kong, voire de trois quarts -. Rougeole et rubéole présentent elles aussi les plus faibles cas depuis au moins 2016. Seulement 36 cas de rubéole dans le monde en Avril. Ces maladies qui touchent principalement les enfants ont très certainement été stoppées par la fermeture des écoles.
Et la situation s’annonçait délicate pour la grippe 2020, elle devait être particulièrement vigoureuse. En Janvier, avant l’arrivée du Covid-19, elle était même « bien partie pour être l’une des plus sévères depuis des décennies ». Avec l’arrêt soudain en Avril, des centaines de milliers de vies pourraient avoir été épargnées. Finalement, il est fort possible que les mesures prises pour enrayer la propagation du Covid-19 – port du masque, fermeture des lieux publics, distanciation physique, isolement, etc – aient eu davantage d’effets sur la grippe que sur le nouveau coronavirus lui-même.
et notamment la grippe
À noter, d’autres facteurs pourraient venir atténuer ces statistiques. Selon l’OMS, il ne faut pas oublier que les malades sont moins nombreux à avoir consulté – deux fois moins qu’en 2019 selon Santé publique France -. Le Printemps 2020 a aussi été particulièrement chaud en Europe et des personnes âges qui seraient normalement mortes de la grippe ont pu être emportées avant par le Covid-19. Difficile pour autant de dégager une tendance pour la mortalité de cette grippe 2020. La surmortalité globale est bien supérieure cette année. « On pourrait constater un déficit de mortalité correspondant aux vies écourtées par l’épidémie, comme cela a pu être le cas après la canicule de 2003″, précise l’Insee.
