Ados et Médias : Comment s’informent-ils vraiment ?
Il est courant de dire que les adolescents, bien qu'ils soient la plupart du temps équipés d'un téléphone, ne se soucient plus de l'actualité. Cela reste vrai même lorsqu'il se produit des événements graves à travers le monde.
Tl;dr
- Les jeunes sont intéressés par l’actualité malgré l’idée reçue qu’ils sont déconnectés.
- Ils s’informent majoritairement via les réseaux sociaux plutôt que par la presse écrite.
- Ils ont une préférence pour l’info divertissement, notamment les formats vidéo.
- Les jeunes sont moins à l’aise avec l’écrit et l’actualité peut leur sembler anxiogène.
Les jeunes et l’actualité : une relation complexe
Nous avons tendance à penser que les jeunes, toujours les yeux rivés sur leurs écrans, sont déconnectés de l’actualité. Pourtant, une étude CSA menée par Milan Presse et YouTube révèle une réalité différente. 83% des jeunes interrogés estiment qu’il est important de s’informer, notamment pour se forger leur propre opinion et se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde.
Une information principalement numérique
La manière dont les jeunes s’informent a toutefois évolué. Si certains, comme Lucille, élève de première et abonnée au Monde, privilégient encore les sources traditionnelles, la majorité préfère utiliser les réseaux sociaux. « C’est rapide et plus simple pour moi de voir ces infos apparaître dans mon fil Instagram, et c’est adapté à notre âge », explique Mattéo, élève de quatrième.
Le plébiscite des formats vidéo
L’étude CSA souligne également la préférence des jeunes pour les formats vidéo et l’info divertissement. Ainsi, 80% des jeunes estiment que les informations sur le cinéma, les jeux vidéos, les séries, la musique… sont les plus importantes pour eux. Un intérêt qui a permis à des figures comme le journaliste Hugo Décrypte, dont la chaîne YouTube et le compte Instagram cumulent chacun plus de deux millions d’abonnés, de populariser l’information auprès des ados et des jeunes adultes.
Les défis de l’information chez les jeunes
Cependant, cette évolution pose plusieurs défis. Tout d’abord, les jeunes qui ne s’informent que via les réseaux sociaux peuvent se retrouver enfermés dans une bulle informationnelle, recevant toujours la même information. De plus, leur utilisation de l’écrit se réduit et leur vocabulaire s’appauvrit, ce qui peut rendre la lecture d’un article de presse difficile. Enfin, la circulation des fake news sur Internet nécessite de développer une capacité critique pour démêler le vrai du faux. Heureusement, certains, comme Lucille, font preuve de prudence et cherchent toujours la source des informations qu’ils voient passer sur Instagram.
En dépit de ces défis, il est essentiel de rappeler que l’actualité n’est pas toujours légère et que suivre les nouvelles, même si elles sont tristes, est nécessaire pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Comme le dit Pierre, un autre élève : « Peu importe si c’est triste ou pas, ça se passe. Je trouve ça important de se tenir informés, même de ce qui n’est pas léger ».
