Augmentation de 15% des violences conjugales en 2022 : Signalisation accrue des femmes
En 2022, le ministère de l'Intérieur a enregistré 244 000 cas de violences conjugales. Les associations interprètent cette hausse des déclarations comme un signe d'une plus grande libération de la parole sur ce sujet.
Tl;dr
Libération de la parole : une hausse des déclarations de violences conjugales
Le ministère de l’Intérieur a récemment communiqué des statistiques alarmantes : 244 000 victimes de violences conjugales ont été enregistrées en 2022. Cette révélation indique une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. Cependant, les associations impliquées dans la lutte contre ces violences voient plutôt dans cette hausse une libération de la parole.
Les victimes se saisissent plus de leurs droits
« Cela confirme ce que l’on espérait : les victimes parlent plus et se saisissent plus de leurs droits. », a déclaré Ynaé Benaben, co-fondatrice et directrice générale d’En avant toutes, lors d’un entretien avec directs.fr. Selon elle, l’augmentation des faits de violences rapportés à la police n’implique pas nécessairement une hausse des violences elles-mêmes.
La Fondation des Femmes a également partagé cette vision en soulignant que le nombre de faits de violences rapportés à la police ou à la gendarmerie a doublé depuis 2018. Pour ces associations, cette augmentation est le fruit d’un « travail global dans la société », notamment en matière d’éducation des femmes sur leurs droits.
Seulement une femme sur quatre porte plainte
Malgré la hausse des déclarations, les statistiques du Service statistique de la sécurité intérieure (SSMSI) révèlent que seule une femme sur quatre a porté plainte. Ynaé Benaben rappelle cependant que la plainte n’est pas une priorité pour toutes les victimes. Pour certaines, trouver un logement ou se réinsérer professionnellement est plus urgent.
Un besoin crucial de moyens pour soutenir les victimes
Si la libération de la parole est saluée par les associations, elles soulignent également le besoin crucial de moyens dédiés pour accompagner les victimes. Face à l’augmentation du nombre de victimes, certaines associations d’aide aux victimes sont en effet au bord de la faillite, faute de financements publics suffisants. Pour Ynaé Benaben, il est essentiel de renforcer le réseau d’aide aux victimes pour répondre à la demande croissante.
