COP28 : L’impératif de contenir le réchauffement climatique à 1,5 degré expliqué
L'objectif crucial de contenir le réchauffement planétaire à 1,5°C a été fixé depuis les accords de Paris en 2015. Cependant, il est de plus en plus difficile à atteindre aujourd'hui.
Tl;dr
- Les accords de Paris visaient à contenir le réchauffement global à 1,5°C.
- Malgré son importance, cet objectif semble aujourd’hui difficile à atteindre.
- Le seuil de 1,5°C est déjà associé à d’importants changements climatiques.
- Si le réchauffement dépasse ce seuil, des conditions de vie plus rudes seront à prévoir.
Le défi climatique des accords de Paris
Qui pourrait oublier le 12 décembre 2015, quand Laurent Fabius, alors président de la COP21, annonçait triomphalement la signature des accords de Paris ? Ce jour a marqué l’histoire, posant des ambitions élevées pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la limitation du réchauffement climatique. L’objectif déclaré était de contenir l’augmentation de la température mondiale à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
Comprendre l’importance du chiffre de 1,5 °C
Davide Faranda, directeur de recherche en climatologie au CNRS et coordinateur du groupe scientifique ClimaMeter, explique : « Pour définir le niveau de réchauffement climatique, on examine les changements sur les écosystèmes et la population humaine. » Ces changements incluent les températures maximales sur un lieu donné, les variations de précipitations et d’humidité dans les sols. À 1,5 °C, ces indicateurs subissent des altérations extrêmes, ayant un impact majeur sur la population et les écosystèmes. Les symptômes climatiques de 2023, tels que la vague de chaleur au Brésil, les tempêtes et les cyclones tropicaux, en sont la preuve vivante.
La réalité du réchauffement climatique
Ce seuil de 1,5 °C n’est pas anodin. Le GIEC avertissait en 2019 des impacts d’un tel réchauffement. Les extrêmes de température des journées chaudes pourraient augmenter d’environ 3 °C aux latitudes moyennes pour un réchauffement planétaire de 1,5 °C. Si la température est limitée à 1,5 °C au 21ᵉ siècle, une hausse continue du niveau de la mer serait à prévoir après 2100, ainsi qu’une augmentation de fréquence, d’intensité et/ou de quantité des fortes précipitations dans plusieurs régions.
Un objectif déjà manqué ?
L’ONU alertait récemment que les engagements climatiques pris par les pays du monde entier placent la planète sur une trajectoire de réchauffement catastrophique allant jusqu’à 2,9°C au cours de ce siècle. D’après Davide Faranda, « On peut carrément dire que nous l’avons raté ! » À +2 °C, les océans continueraient de monter, les risques de sécheresse, de cyclone et de fortes précipitations seraient plus grands. Et pourtant, la trajectoire actuelle semble mener à un scénario encore plus inquiétant : +3°C. Face à cette perspective, il est plus que jamais urgent de discuter d’une « réduction majeure des émissions et déjà commencer à s’adapter ».
