L’immunité induite lors d’un rhume aurait-elle un effet protecteur sur le Covid-19 ?
Les infections par un coronavirus peuvent provoquer des maladies très diverses, allant du rhume au Covid-19. Se pourrait-il que l'immunité induite suite à un rhume protège contre le Sars-CoV-2 ? C'est le sujet d'une récente étude allemande.
Les coronavirus sont nombreux et très différents. Tous n’entraînent pas de graves maladies comme le Covid-19 ou le Sras. Les rhumes hivernaux sont d’ailleurs en grande partie dus à des coronavirus humains. Et ces infections stimulent le système immunitaires, fournissant notamment dans le corps un grand nombre de lymphocytes mémoires. Ces cellules pourraient-elles protéger du Sars-Cov-2 ? Il semblerait que ce soit le cas selon les résultats d’une étude allemande.
Une étude allemande suggère l’existence d’une immunité croisée
Les scientifiques ont comparé deux groupes : un de 18 personnes dont l’infection au Sarc-CoV-2 a été avérée et un deuxième groupe de 18 personnes lui aussi séronégatives. Les cellules immunitaires de chaque participant ont alors été stimulées in vitro par deux groupes de peptides d’une dizaine d’acides aminés représentant la séquence de la protéine S du Sars-CoV-2. Le premier couvre la partie N-terminale de la protéine S, le second la partie C-terminale. Il s’avère que parmi les patients du premier groupe, 67% possédaient des lymphocytes réagissant au premier pool et 83% au deuxième pool. Mais des lymphocytes activés par la stimulation ont aussi été retrouvés chez des patients séronégatifs. Ceux-ci par contre ont été davantage stimulés par le deuxième pool.
suite à des infections à d’autres coronavirus
Et c’est là tout l’intérêt de cette étude. Le deuxième pool correspond au domaine C-terminal de la protéine S. C’est la partie de la protéine qui contient des domaines conservés entre les différents coronavirus. Autrement dit, une partie très commune aux coronavirus responsables du rhume notamment. À l’inverse du domaine N-terminal qui semble plus spécifique au Sars-CoV-2. Ces résultats suggèrent donc qu’une immunité cellulaire croisée entre le Sars-CoV-2 et les coronavirus du rhume pourrait exister. Et les chercheurs se sont assurés que cette immunité croisée était indépendante de la présence d’anticorps. Pour ces chercheurs, cette étude permettrait d’expliquer, en partie tout du moins, pourquoi certaines personnes sont asymptomatiques – ou n’ont que de très légers symptômes – quand d’autres doivent recevoir des soins intensifs. Cela explique aussi la meilleure résistance des enfants – dont le système immunitaire est plus souvent sollicité – sur les personnes âgées.
