Anticor : L’État refuse de renouveler l’agrément de l’association anticorruption
L'ONG va porter devant la justice administrative son opposition à la décision implicite de refus, une situation qui ne surprend guère sa présidente. Quelle sera l'issue de cette contestation?
TL;DR
- L’agrément de l’association Anticor n’a pas été renouvelé.
- Anticor va contester cette décision devant la justice administrative.
- L’association est impliquée dans plus de 160 procédures judiciaires.
Anticor perd son agrément : un coup dur pour la lutte contre la corruption
L’association Anticor, connue pour son engagement dans la lutte contre la corruption, s’est vu refuser le renouvellement de son agrément par l’exécutif. Une décision qui a été qualifiée de « cadeau de Noël aux corrupteurs » par Me Vincent Brengarth, avocat de l’ONG. Cette décision a été prise par la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna, qui avait jusqu’au 26 décembre 2023 pour renouveler l’agrément.
Un refus implicite au goût amer
L’absence de réponse à la demande de renouvellement d’agrément déposée par Anticor en juin dernier équivaut à un « refus implicite », selon une source au ministère des Affaires étrangères. Cette décision, loin de surprendre Elise Van Beneden, présidente du bureau de l’ONG, confirme plutôt leur pressentiment : « Nos actions contre la corruption agacent profondément le gouvernement. »
La riposte d’Anticor
Malgré ce revers, l’association compte bien contester cette décision devant la justice administrative. Pour Elise Van Beneden, c’est l’occasion de démontrer que l’association remplit tous les critères pour être agréée, loin de toute considération politique. Il est essentiel de noter que ce refus d’agrément ne remet pas en cause la capacité de l’association à signaler des affaires à la justice et à porter plainte.
Un acteur majeur dans le combat contre la corruption
Créée en 2002, Anticor joue un rôle prépondérant dans le paysage judiciaire français, en étant impliquée dans plus de 160 procédures. Parmi celles-ci, l’attribution du Mondial de football au Qatar ou encore une enquête concernant le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler. Les actions de l’association ont également conduit à des poursuites liées à la cession de la branche énergie d’Alstom à General Electric et une enquête préliminaire dans les contrats russes d’Alexandre Benalla, l’ex-conseiller d’Emmanuel Macron.
