Interdiction des nouveaux ‘imams détachés’ en France dès le 1er janvier
Gérald Darmanin a annoncé ce vendredi 29 décembre que la France ne recevra plus d'imams "détachés", dans un courrier adressé aux pays concernés. Quelles pourraient être les implications de cette décision ?
TL;DR
- La France n’accueillera plus d’imams « détachés » à partir de 2024.
- Les imams déjà présents devront changer de statut après avril 2024.
- Emmanuel Macron souhaite une plus grande part d’imams formés en France.
Une nouvelle ère pour les imams en France
Le paysage religieux français s’apprête à connaître un changement majeur. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé le vendredi 29 décembre que la France ne recevra plus de nouveaux imams « détachés », soit ceux envoyés par d’autres nations, à compter du 1er janvier 2024.
Un changement de statut pour les imams actuels
Par ailleurs, dès le 1er avril 2024, les imams actuellement présents sur le territoire français ne pourront plus maintenir leur statut de « détachés ». Un « cadre spécifique » sera alors établi pour permettre aux associations gérant les lieux de culte de recruter directement leurs propres imams, qui seront donc salariés par ces mêmes associations. « Le but n’est pas d’empêcher des imams étrangers de prêcher en France, mais de s’assurer qu’aucun n’est payé par un État étranger dont il serait fonctionnaire ou agent public », précise le ministre.
Une volonté présidentielle
Cette décision s’inscrit dans la continuité des annonces faites par le président Emmanuel Macron début 2020. Il avait alors exprimé son souhait de mettre fin à l’accueil des quelque 300 imams envoyés par divers pays et d’augmenter simultanément le nombre d’imams formés sur le sol français.
Une formation locale encouragée
En parallèle, l’accent est dorénavant mis sur la nécessité qu’une part grandissante des imams officiant en France soient, au moins partiellement, formés localement. Pour cela, le gouvernement compte développer des formations respectant les lois et principes de la République française. L’accès des imams aux formations universitaires, comme celles proposées par l’institut français d’islamologie, sera également encouragé.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre le « séparatisme islamiste » et les « influences étrangères » sur l’islam en France, prônée par le président Emmanuel Macron. Reste à voir comment elles seront mises en œuvre et quel impact elles auront sur la deuxième religion du pays.
