Des milliers défilent dans toute la France contre la loi immigration
Dimanche 21 janvier 2024, des manifestations se sont tenues à travers toute la France pour protester contre la possible promulgation de la loi sur l'immigration. Quelle sera la suite de ces événements ?
TL;DR
- Des marches contre la loi immigration organisées partout en France.
- Les opposants accusent l’exécutif d’adopter les idées de l’extrême droite.
- Le texte de loi comprend plusieurs mesures controversées.
La France se mobilise contre la loi sur l’immigration
Le dimanche 21 janvier 2024, une vague de protestations a déferlé sur l’Hexagone. L’objectif : appeler à ne pas promulguer la loi sur l’immigration. Ces marches, organisées aux quatre coins du pays, ont été un signal fort à l’exécutif, à seulement quatre jours d’une décision cruciale du Conseil constitutionnel.
Une mobilisation citoyenne massive
La mobilisation a été initiée par 201 personnalités, puis élargie pour englober plus que la simple sphère militante traditionnelle. L’intention était claire : exercer une pression sur l’exécutif qui pourrait rapidement promulguer le texte controversé voté mi-décembre. Plus de 160 marches se sont déroulées ce dimanche, dont celle de Paris qui a rassemblé 16 000 personnes, d’après la préfecture de Police.
« Cette loi c’est une rupture avec les principes français depuis 1789 pour le droit du sol et depuis 1945 pour l’universalité de la protection sociale », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, qui a appelé à la mobilisation en compagnie de Marylise Léon, son homologue de la CFDT.
Accusations d’une dérive droitière
Le texte de la loi a été vivement critiqué par plusieurs responsables de gauche, dont Manon Aubry (LFI), Marine Tondelier (Ecologistes), Olivier Faure (PS) et Fabien Roussel (PCF). Ces derniers ont accusé l’exécutif d’accorder trop d’importance aux idées de l’extrême droite. De nombreuses personnalités du monde de la culture, comme les comédiennes Josiane Balasko et l’écrivaine Alice Zeniter, ont également demandé à Emmanuel Macron de ne pas promulger cette loi.
« Cette loi est une dérive vers l’extrême droite, sur le plan politique, et sur le fond vers la préférence nationale. », a déclaré Jacques Toubon, ancien ministre RPR et ex-Défenseur des Droits.
Des mesures controversées
Le texte initial du gouvernement, qui comprenait deux volets – l’un répressif pour les étrangers « délinquants », l’autre favorisant l’intégration – a été modifié par le Parlement, intégrant de nombreuses mesures polémiques. Parmi celles-ci, le durcissement de l’accès aux prestations sociales, l’instauration de quotas migratoires et le rétablissement du « délit de séjour irrégulier ».
Interrogée sur ces accusations, Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, a nié que le texte mette en place « la préférence nationale ».
« Instiller l’idée qu’on est en train de reprendre les thèses et les thèmes du rassemblement national, là, c’est sûr, on leur donne une victoire idéologique. », a-t-elle affirmé.
