Débat historique à l’Assemblée ce jeudi : l’interdiction des PFAS, ces polluants éternels, pourrait-elle transformer notre vie ?
Ce jeudi 4 avril, Nicolas Thierry, le député écologiste de la Gironde, a l'intention de présenter une proposition de loi visant à limiter l'utilisation de certains polluants éternels, les PFAS. Quels usages seront principalement ciblés par cette mesure ?
TL;DR
- Nicolas Thierry propose une loi pour limiter les PFAS.
- La loi vise à interdire les PFAS dans certains usages.
- Le député dénonce un fort lobbying contre sa proposition.
La lutte contre les polluants éternels
Le député écologiste de Gironde, Nicolas Thierry, porte sur la table de l’Assemblée Nationale une proposition de loi audacieuse. Son objectif : restreindre l’usage des PFAS, des substances chimiques omniprésentes qui persistent indéfiniment dans l’environnement. Ces polluants éternels sont retrouvés dans nos ustensiles de cuisine, dans certains produits alimentaires et même dans les cosmétiques.
Une proposition de loi ambitieuse
Si l’ambition initiale de Nicolas Thierry était d’interdire totalement l’utilisation des PFAS d’ici 2027, des compromis ont dû être faits. Malgré le manque de majorité au Palais Bourbon, le parlementaire a réussi à trouver un terrain d’entente pour « faire avancer les choses ». Sa proposition de loi, qui sera examinée ce jeudi 4 avril 2024, propose ainsi l’interdiction des PFAS dans quatre domaines d’usage : les cosmétiques, le textile domestique, les ustensiles de cuisine et le fart de ski.
Une lutte contre les polluants… et un lobbying intense
La lutte contre ces substances nocives ne se fait pas sans résistance. Le groupe SEB, propriétaire de la marque Tefal qui produit des poêles contenant des PFAS, mène un lobbying intense contre la proposition de loi. Stanislas de Gramont, directeur général de SEB, accuse le texte de Nicolas Thierry d’être « sans aucun fondement scientifique » et met en avant le risque de suppression de 3 000 emplois en France.
Le bénéfice-risque des PFAS
En dépit de cette opposition, Nicolas Thierry persiste et signe. Il affirme que le bénéfice-risque justifie largement une baisse de confort. En effet, l’avantage sur la santé et l’environnement est immense. De plus, le député souligne que la détection des PFAS dans les eaux potables doit être rendue obligatoire et plaide pour le principe du pollueur-payeur. Selon lui, il est temps que les industriels prennent le virage de l’éco-responsabilité.
