Vers une explosion mondiale des cas de cancer de la prostate d’ici 2040
L'étude publiée dans The Lancet souligne que l'augmentation du nombre d'hommes âgés dans les années à venir, due au vieillissement de la population, rendra inévitable l'apparition de cancers. Comment pouvons-nous nous préparer à cette éventualité ?
TL;DR
- Les cas de cancer de la prostate devraient doubler d’ici 2040.
- Les décès dus à cette maladie augmenteront principalement dans les pays à faible et moyen revenu.
- Une détection précoce et des programmes d’éducation sont nécessaires pour gérer cette situation.
Une vague inévitable de cancers de la prostate
La menace est réelle et inévitable : le nombre de cas de cancers de la prostate devrait doubler entre 2020 et 2040, passant de 1,4 million à 2,9 millions, selon une étude publiée dans The Lancet. Cette augmentation est principalement due au vieillissement de la population et à l’augmentation de l’espérance de vie, entraînant un nombre croissant d’hommes âgés dans les années à venir.
La mortalité, une question de revenus
Si cette maladie frappe sans distinction, la mortalité qui y est associée varie fortement en fonction du niveau de revenu des pays. Les décès dus au cancer de la prostate ont diminué dans la plupart des pays à revenu élevé, dont la France, tandis qu’ils augmentent dans les pays à faibles et moyens revenus. La raison ? Un sous-diagnostic et des failles dans la collecte de données.
L’importance de la détection précoce et de l’éducation
Le Pr Nick James, auteur principal de la Commission du Lancet et chercheur à l’Institute of Cancer Research de Londres, insiste sur l’importance d’une meilleure détection précoce et des programmes d’éducation. C’est d’autant plus crucial que les principaux facteurs de risque du cancer de la prostate, comme le fait d’avoir 50 ans ou plus et d’avoir des antécédents familiaux de la maladie, sont inévitables.
Le défi du dépistage
Le dépistage du cancer de la prostate est un enjeu majeur. Il repose actuellement sur le test du PSA, un test sanguin qui mesure les niveaux d’une protéine appelée antigène spécifique de la prostate. Bien que largement utilisée, cette approche est critiquée car elle conduirait à une surutilisation des thérapeutiques anticancéreuses chez les hommes plus âgés à faible risque et à une détection insuffisante chez les hommes plus jeunes à risque élevé.
Face à ce constat, les auteurs préconisent des programmes de détection précoce ciblés sur les personnes à haut risque, notamment au moyen de l’imagerie par IRM en combinaison avec les tests PSA. Une initiative britannique, le « Man Van », a ainsi permis de réaliser des bilans de santé gratuits, dont des tests PSA, auprès d’hommes à haut risque à Londres. Une piste à suivre pour endiguer cette vague de cancers de la prostate.
