Le mystérieux syndrome d’auto-brasserie : être ivre sans boire d’alcool !
Les individus atteints de cette condition peuvent être injustement accusés d'être ivres au volant, alors qu'ils n'ont pas consommé d'alcool. Que signifie cela pour leur vie quotidienne et leur réputation sociale ?
TL;DR
- Un automobiliste belge acquitté suite à un syndrome d’auto-brasserie.
- Ce syndrome rare transforme les glucides en éthanol dans l’organisme.
- Le traitement inclut un régime pauvre en sucres et parfois un suivi par un addictologue.
Une affaire judiciaire belge inhabituelle
Le 22 avril dernier, un automobiliste belge a été acquitté par la cour de Bruges après avoir été contrôlé à deux reprises avec une alcoolémie trop élevée. L’homme a réussi à prouver qu’il souffrait d’un syndrome rare appelé syndrome auto-brasserie ou auto-fermentation.
Le syndrome d’auto-brasserie : une maladie rare et méconnue
Le syndrome d’auto-brasserie est un trouble métabolique rare où l’ingestion d’aliments riches en glucides entraîne la production d’éthanol par les levures présentes dans le tube digestif. Les concentrations sanguines d’éthanol peuvent atteindre jusqu’à 4 g/L, provoquant une symptomatologie similaire à l’intoxication aiguë à l’éthanol. Ceci peut mener, à long terme, à l’apparition de symptômes d’alcoolisme chronique.
Les causes de ce syndrome sont le plus souvent liées à une pathologie digestive ou un déséquilibre de la flore intestinale. « Ce dernier peut être primaire ou secondaire à un traitement par antibactérien favorisant la prolifération des germes fongiques qui vont être responsables de la fermentation des sucres. » a expliqué L’Association française des diététiciens-nutritionnistes.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic s’appuie sur diverses analyses, notamment la recherche d’antécédents personnels et familiaux, des analyses biologiques, une endoscopie et un test de provocation aux glucides. Le traitement, quant à lui, repose sur l’arrêt de l’antibiothérapie, un régime pauvre en sucres et, dans certains cas, un suivi par un addictologue.
Des implications juridiques et sociales importantes
Le syndrome d’auto-brasserie pose des problèmes juridiques importants, comme en témoigne l’affaire de l’automobiliste belge. « En raison de ses implications sociales et judiciaires, le syndrome d’auto-fermentation devrait pouvoir être envisagé chez tout patient présentant de manière régulière une concentration d’éthanol élevée qui nie avec insistance avoir ingéré de l’alcool », note la revue Toxicologie analytique et clinique.
