Plus grande grève des pharmacies en une décennie
Ce jeudi 30 mai 2024, le secteur pharmaceutique connaît une perturbation majeure avec une grève d'une envergure inédite depuis une décennie. Quelles seront les conséquences de cette mobilisation sur le long terme?
TL;DR
- Grève majeure des pharmacies en France pour la première fois en 10 ans.
- Le mouvement dénonce les pénuries de médicaments, les fermetures d’officines et l’assouplissement de la vente en ligne.
- Les syndicats réclament une hausse des rémunérations et une revalorisation de la profession.
Une grève d’une ampleur inédite dans le secteur pharmaceutique
Pour la première fois en une décennie, les pharmacies françaises ont été largement paralysées ce jeudi 30 mai 2024. Un mouvement de grève d’une ampleur sans précédent qui a vu la participation de syndicats, groupements de pharmaciens et étudiants.
Des revendications multiples
La grève a été déclenchée pour alerter sur diverses problématiques. Parmi elles, la pénurie de médicaments, les fermetures d’officines et l’assouplissement de la vente en ligne. Les syndicats ont également réclamé une hausse des rémunérations, en raison de l’inflation qui pèse lourdement sur les charges. « L’inquiétude principale, c’est la disparition des pharmacies », a déclaré Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).
Une mobilisation massive
Selon les prévisions des syndicats, environ 90% des pharmacies ont baissé le rideau, voire 100% dans plusieurs villes de province. Des manifestations ont été organisées « un peu partout en province, notamment dans les villes universitaires », a déclaré Jérôme Koenig, directeur général de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo).
Une profession en danger
Au-delà des revendications financières, les pharmaciens veulent mettre l’accent sur la fragilisation économique des officines rurales et la réforme du troisième cycle des études de pharmacie qui tarde à aboutir. Ils s’inquiètent aussi d’une possible volonté de simplifier la vente en ligne de médicaments sans ordonnance. « Tous les éléments sont là pour tuer le réseau » de pharmacies, qui emploie 130 000 personnes, a résumé Pierre-Olivier Variot, président de l’Uspo.
En réponse à ces craintes, Marc Ferracci, député Renaissance, a déclaré à l’AFP : « Il ne s’agit pas d’ouvrir quoi que ce soit à la grande distribution ni de mettre des médicaments sur Amazon. Cela n’a aucun sens ».
