Opération ‘Collège Mort’: Lutte pour l’égalité et la mixité contre le ‘choc des savoirs’
Ce vendredi, de nombreux établissements scolaires mettent en place une "opération collège mort" en signe de protestation contre la réforme gouvernementale favorisant la création de groupes de niveau. Quelles seront les conséquences de cette mobilisation ?
TL;DR
- L’opération « collège mort » proteste contre une réforme éducative.
- La réforme vise à créer des groupes de niveau dans les collèges.
- Cette mesure est contestée par les élèves, parents et professeurs.
Le « Collège mort » : une manifestation contre la réforme éducative
Les établissements scolaires français se mobilisent ce vendredi pour exprimer leur opposition à une réforme gouvernementale. Connue sous le nom de « Choc des savoirs », cette mesure vise à créer des groupes de niveau dans le système éducatif, principalement dans les collèges.
Une réforme controversée
Présentée par le Premier ministre Gabriel Attal comme une solution pour améliorer le niveau de l’école, cette réforme suscite une vive contestation parmi les acteurs de terrain. En effet, si l’Éducation nationale voit dans cette nouvelle organisation une opportunité pour augmenter le niveau des collégiens, en particulier en mathématiques et en français, les principaux concernés ne partagent pas cet enthousiasme.
« Des classes en effectif réduit ? Mais avec quels professeurs ? Il n’y en a déjà pas assez ! », s’indigne une mère d’élève interrogée par le Pays Briard. Cette remarque souligne l’un des problèmes majeurs du système éducatif actuel : le manque de professeurs.
Le mouvement de protestation s’amplifie
En réponse à cette réforme, une journée « collège mort » est organisée dans plusieurs établissements ce vendredi. L’objectif est de vider les classes pour manifester un mécontentement général. Ainsi, la semaine dernière, à Saint-Souplet (Nord), seuls 7 élèves sur 360 se sont rendus au collège ; à Crégy-lès-Meaux, ils étaient 10 sur 650.
Dans le Val-d’Oise, une opération similaire a eu lieu le 24 mai. Seuls trois élèves sur 420 du collège Jean-Bullant ont assisté aux cours. Devant l’établissement, des élèves ont manifesté leur désapprobation avec des pancartes portant des messages tels que « Nous ne sommes ni nuls, ni moyens, ni bons » et « Ici, on ne trie pas les élèves ».
Une réforme qui creuse les inégalités ?
Certains parents d’élèves et associations dénoncent une réforme contre-productive qui, loin de résoudre les problèmes actuels, creuserait davantage les inégalités entre les élèves. Pour eux, les moyens nécessaires à la mise en œuvre de cette réforme n’ont pas été alloués.
Rappelons que cette réforme globale du système éducatif, prévue pour la rentrée de septembre 2024, prévoit notamment des cours de mathématiques et de français en groupes de niveaux flexibles tout au long du collège, avec des effectifs réduits pour les groupes les plus fragiles.
