Les bouilloires thermiques : comprendre ces logements où résident plus de 50% des Français
La problématique des logements mal adaptés au climat et surchauffés s'accentue, touchant principalement les jeunes, les seniors et les mères célibataires. Comment peut-on améliorer cette situation ?
TL;DR
- Plus de la moitié des Français souffrent de la chaleur excessive dans leurs logements.
- Les « bouilloires thermiques » sont des logements mal isolés et inadaptés aux canicules.
- Les jeunes, les personnes âgées et les mères célibataires sont particulièrement vulnérables.
Le fléau des « bouilloires thermiques »
Il est alarmant de constater que plus de 50% des Français ont souffert de la chaleur dans leur logement, selon une étude récente de la Fondation Abbé Pierre (FAP). Ce phénomène, qui s’est intensifié avec une augmentation de 26% depuis 2013, s’explique par la prévalence de ce que l’on appelle des « bouilloires thermiques ».
Une « bouilloire thermique » est un logement qui reste chaud en été, principalement en raison de l’insuffisance de son isolation. Ces logements sont souvent situés sous les combles, manquent de ventilation et d’espaces extérieurs. Ils sont également caractérisés par l’absence de végétation et l’utilisation de matériaux qui amplifient le rayonnement solaire.
Les victimes de la précarité énergétique
Malheureusement, les personnes les plus précaires sont souvent les victimes de ces conditions d’habitat inconfortables. Les conséquences peuvent être dramatiques, avec une estimation de 5000 décès liés à la chaleur en été 2023, dont 75 % concernent les personnes âgées de 75 ans et plus.
Les logements situés dans les « îlots de chaleur urbains », c’est-à-dire des zones fortement urbanisées et manquant de végétation, sont particulièrement touchés. De plus, les appartements sont « trois fois plus souvent trop chauds que les maisons individuelles », souligne l’étude.
Le besoin urgent d’adaptation
Malgré cette situation préoccupante, l’adaptation des logements à la chaleur « ne figure toujours pas au cœur des politiques de rénovation », déplore la Fondation Abbé Pierre. Il est donc urgent de mettre en place des mesures d’adaptation aux vagues de chaleur. La Fondation propose notamment « d’intégrer systématiquement des travaux d’adaptation aux vagues de chaleur aux rénovations énergétiques subventionnées par l’État ».
En conclusion, comme le souligne la Fondation Abbé Pierre, « Il aurait été utile de subventionner également de simples gestes pour des millions de ménages exposés à la précarité énergétique d’été, sans forcément qu’ils aient à engager des travaux lourds alors qu’ils ont parfois besoin en urgence d’installer des volets. »
