Le cancer du pancréas bientôt au deuxième rang des cancers les plus mortels en Europe : explications

Gros plan d'un modèle de pancréas sur une table de laboratoire médical entouré de cartes anatomiques.ADN
Le cancer du pancréas connaît une progression inquiétante en Europe, s'approchant rapidement du deuxième rang des cancers les plus mortels. Sa détection tardive et l’efficacité limitée des traitements expliquent en partie cette hausse alarmante de la mortalité.
Tl;dr
- Incidence du cancer du pancréas en forte hausse.
- Pronostic sombre, survie à 5 ans seulement 11 %.
- Nouvelles pistes de recherche et détection précoce.
Une menace croissante en France et en Europe
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer du pancréas, organisée le jeudi 20 novembre, les projecteurs se sont braqués sur une maladie qui ne cesse de gagner du terrain. En 2023, près de 16 000 Français ont été frappés par ce cancer au pronostic alarmant.
La tendance s’annonce préoccupante : selon les dernières données, l’incidence augmente chaque année chez les plus de 50 ans, avec une progression annuelle de 1,6 % chez les hommes et 2,1 % chez les femmes entre 2010 et 2023. À ce rythme, certains experts redoutent que le cancer du pancréas devienne la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici à 2030 en Europe et aux États-Unis.
L’insidieuse difficulté d’un diagnostic précoce
L’un des principaux obstacles réside dans la discrétion des premiers symptômes. Le mal avance masqué : très souvent, la tumeur demeure indétectée tant qu’elle ne s’est pas propagée hors du pancréas. Lorsque les signes apparaissent enfin – le plus souvent tardivement – il est souvent trop tard pour envisager une chirurgie, unique espoir curatif actuel.
Hélas, dans près de 80 à 90 % des cas, le diagnostic tombe alors que l’opération n’est plus envisageable ; seule une chimiothérapie lourde peut alors être proposée, avec un succès trop rare. Conséquence directe : seulement 11 % des patients survivent au-delà de cinq ans.
Nouvelles stratégies thérapeutiques : l’espoir renaît timidement
Face à ce sombre tableau, la mobilisation scientifique s’intensifie. En 2022, la Fondation ARC contre le cancer a lancé un ambitieux appel à projets baptisé PANCREAS, centré sur l’innovation thérapeutique et diagnostique. Trois axes majeurs émergent :
- Contourner la résistance aux traitements, en bloquant par exemple l’action de l’interleukine-1 (IL-1) pour restaurer l’efficacité de la chimiothérapie ou de l’immunothérapie (travaux du Pr François Ghiringhelli – Centre Georges François Leclerc).
- Déstabiliser la tumeur grâce à la thérapie génique, via des virus modifiés rendant les cellules cancéreuses vulnérables au système immunitaire (projet porté par la Pr Sandrine Dabernat – Institut de recherche en oncologie de Bordeaux).
- Détecter plus tôt le cancer grâce à une biopsie liquide, c’est-à-dire un simple prélèvement sanguin capable d’identifier précocement des lésions pancréatiques suspectes.
Savoir reconnaître les signes d’alerte : un enjeu vital
Dans cette course contre la montre, rester attentif aux signaux inhabituels peut faire toute la différence. Le centre anticancer Léon-Bérard (Lyon) rappelle plusieurs symptômes susceptibles d’évoquer un cancer du pancréas : apparition soudaine d’une jaunisse, douleurs abdominales ou dorsales persistantes, diabète récent sans explication claire, amaigrissement inexpliqué… Autant d’alertes à ne pas négliger.
Pour approfondir ces questions ou obtenir un accompagnement personnalisé, consultez sans hésiter les ressources proposées par l’Institut national du cancer (Inca).
