En cinq ans, la taxe foncière s’est envolée de 35 % partout en France

Image d'illustration. Rue suburbaine paisible avec maisonsADN
En cinq ans, le montant de la taxe foncière a enregistré une augmentation spectaculaire de 35 % à l’échelle nationale, alourdissant significativement les charges des propriétaires et suscitant de vives inquiétudes face à cette évolution soutenue.
Tl;dr
- Taxe foncière en hausse de 35 % en 5 ans.
- Inflation et choix municipaux expliquent l’augmentation.
- Nouvelle réforme possible dès 2026.
Un impôt local en nette progression
En l’espace de cinq ans, la taxe foncière a grimpé en flèche à travers la France.
D’après les données publiées par l’administration fiscale et reprises par France Info ainsi que TF1 Info, le montant moyen réglé par les propriétaires atteignait 1 117 euros en 2025, contre environ 800 euros en 2020. En clair, il s’agit d’une envolée de près de 35 %.
L’impact combiné de l’inflation et des choix locaux
L’indexation systématique de cet impôt sur l’inflation explique une partie du phénomène. Les fameuses valeurs locatives cadastrales — qui déterminent la base de calcul — suivent mécaniquement la hausse des prix. L’année passée, on a constaté une revalorisation minimale de 1,7 %, à laquelle s’ajoutent les corrections plus fortes observées lors des pics inflationnistes.
Mais ce n’est pas tout : les conseils municipaux disposent aussi d’une certaine latitude pour ajuster leurs taux. Certaines communes n’ont pas hésité à frapper fort. Citons notamment Paris où, en 2023, la taxe foncière a bondi de 52 %, ou encore Grenoble avec une augmentation de 25 %. Si ces chiffres impressionnent déjà, ils sont dépassés par certaines villes moyennes comme Le Mans, dont le taux est passé de 13,65 % à plus de 34 % entre 2020 et 2025 — soit +154 %. Même tendance spectaculaire à Limoges (+117 %) ou Annecy (+109 %).
L’effet boomerang de la suppression de la taxe d’habitation
Autre élément non négligeable : depuis que la suppression complète de la taxe d’habitation sur les résidences principales est entrée en vigueur début 2023, plusieurs municipalités ont été tentées d’ajuster leur fiscalité locale. Malgré les compensations promises par l’État, beaucoup ont préféré relever la taxe foncière pour combler le manque à gagner.
Pour y voir plus clair :
- L’inflation automatique des bases fiscales.
- L’autonomie fiscale accrue des communes.
- L’abandon d’une recette locale majeure.
Nouvelles hausses et réforme dans le viseur
Difficile d’être optimiste pour les années à venir. Déjà évoquée par Sébastien Lecornu, puis temporairement mise entre parenthèses face à la grogne des maires, une réforme visant à réviser les bases fiscales pourrait refaire surface dès 2026.
Il s’agirait cette fois-ci de prendre davantage en compte certains équipements ou éléments dits « de confort » dans le calcul… Ce projet concernerait potentiellement plus de 7 millions de logements, avec à la clé une nouvelle hausse pour nombre de propriétaires.
