Cette "lassitude face à la pandémie" est "une réponse naturelle et attendue à une crise de santé publique prolongée", indique l'Organisation mondiale de la santé.
Anxiété, insomnies, motivation en chute libre, difficultés de concentration, de projection… La pandémie de nouveau coronavirus n’a créé aucun de ces symptômes, mais elle les exacerbe et cet ensemble de maux est synthétisé par l’OMS dans le terme « fatigue pandémique ». Dans un document intitulé La fatigue pandémique : remotiver le public pour prévenir le Covid-19, l’OMS souhaite alerter les Etats à la prendre en compte. Elle est « une réponse naturelle et attendue à une crise de santé publique prolongée »accentuée par les « mesures restrictives ayant un impact sans précédent sur la vie quotidienne de chacun », résume l’institution.
Jeunes et seniors particulièrement touchés
A Franceinfo, Abdel Boudoukha, professeur en psychologie clinique et pathologique à l’université de Nantes, rapporte que « Les jeunes sont très touchés par cette fatigue pandémique car ce sont ceux qui vivent cette restriction des libertés de la façon la plus frustrante. Ce sont des personnes qui ne sont pas encore insérées dans le monde professionnel. Les plus âgés sont également très touchés car ils sont privés de leurs familles et d’un certain soutien social ». Quelle conséquence en plus des symptômes cités en tête d’article ? L’une peut être le rejet total des mesures sanitaires. Abdel Boudoukha évoque ainsi une mise en danger de soi mais aussi des autres, qui peut s’apparenter à de l’inconscience pure mais qui est plus profonde que cela. Et qui correspond à un état intense de fatigue face à la crise qui peut sembler sans fin.
Les recommandations aux Etats
« La crise sanitaire a déréglé nos émotions et les Français ont du mal à éprouver des émotions positives », raconte encore le spécialiste. Dès lors, que faire ? L’OMS invite les politiques à se pencher sur cette fatigue pandémique et à proposer des actions concrètes pour la prévenir ou l’atténuer. L’Organisation préconise aussi aux gouvernants de se montrer clairs et transparents dans la communication liée aux recommandations. Enfin, elles suggère aux politiques de « miser » sur leur population « plutôt que de condamner et d’effrayer ». Comment ? Par exemple en les impliquant dans la recherche de solutions.
