La nouvelle présidente de RTE, ancienne de l’Elysée, ne peut pas approcher une large partie du gouvernement. Une décision encadrée par la HATVP.
En bref
- Emilie Piette encadrée par la HATVP
- Contacts interdits avec une large partie du gouvernement
- Mesure suivie jusqu’en décembre 2026 au minimum
Emilie Piette, nommée à la tête de RTE, ne pourra pas échanger librement avec une large partie du gouvernement. La Haute autorité pour la transparence de la vie publique, la HATVP, a fixé ces restrictions dans une délibération rendue publique fin août, après avoir été saisie par le cabinet de l’Elysée au sujet de sa mobilité.
Une nomination validée, mais sous conditions strictes
Le dossier remonte au 10 mars 2026. Ce jour-là, la HATVP examine le passage de l’ancienne secrétaire générale adjointe de l’Elysée vers RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, filiale détenue à 100 % par EDF.
La décision n’interdit pas sa prise de fonctions. Mais elle encadre de près ses relations avec l’exécutif. C’est le point central.
Le Premier ministre et l’énergie directement concernés
Dans ce cadre, Emilie Piette ne peut mener aucune démarche, y compris de représentation d’intérêts, auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu. La mesure vise aussi les membres de son cabinet ainsi que la délégation interministérielle à l’encadrement supérieur de l’Etat.
Cette interdiction vaut jusqu’au 6 décembre 2026 pour ces interlocuteurs. Et elle touche aussi, par ricochet, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’énergie, puisque son portefeuille entre dans le périmètre retenu.
Une règle qui touche presque tout le gouvernement
Le plus marquant, c’est l’ampleur du champ couvert. La HATVP ne vise pas seulement deux responsables politiques. Elle étend ses réserves à la quasi-totalité des membres du gouvernement et de leurs cabinets sur des secteurs comme l’énergie, les transports, l’agriculture, le logement, l’environnement, le climat, le numérique, l’industrie, la recherche, l’espace, le tourisme, l’économie et les finances publiques.
En gros, cela place la nouvelle dirigeante de RTE à distance d’une grande partie des centres de décision publics avec lesquels son entreprise est, par nature, en contact régulier.
Un encadrement qui peut durer trois ans
La HATVP précise que ces réserves s’appliquent, pour chaque personne concernée, pendant un délai de trois ans après la fin de la relation de travail entre Madame Piette et cette personne. Autrement dit, la date de fin peut varier selon les interlocuteurs visés.
L’autorité ajoute qu’elle assurera un suivi régulier du respect de ces obligations. C’est un rappel assez net de l’enjeu, éviter qu’un passage direct de l’Elysée à RTE brouille la frontière entre responsabilités publiques et intérêts de l’entreprise.