Pour mettre en marche ce mécanisme, il est nécessaire que le kidnapping soit confirmé, une condition qui n'est pas remplie concernant la disparition du jeune garçon au Vernet, d'après les autorités judiciaires.
L’espoir de retrouver Émile s’effrite peu à peu. De nombreuses questions se posent sur le fait que l’alerte enlèvement n’a pas été mise en place pour aider à retrouver ce jeune garçon de deux ans et demi, disparu depuis le samedi 8 juillet 2023, au Vernet, un petit village des Alpes-de-Haute-Provence.
En réponse à une question posée par directs.fr, Rémy Avon, le procureur de la République de Digne-les-Bains, qui supervise l’affaire, a déclaré que les « conditions administratives nécessaires à l’activation de l’alerte enlèvement ne sont pas remplies. »
Les conditions pour déclencher une alerte enlèvement
En d’autres termes, bien que la piste criminelle n’est pas écartée par les enquêteurs, elle n’est pas non plus privilégiée. Comme nous l’a rappelé le ministère de la Justice dans un article précédent, quatre critères doivent être réunis pour déclencher une alerte enlèvement :
– Le caractère avéré de l’enlèvement, et non une simple disparition, même préoccupante ;
– La minorité de la victime ;
– La mise en danger de la vie ou de l’intégrité physique de l’enfant ;
– La détention par le procureur d’informations dont la diffusion peut aider à localiser l’enfant et/ou son ravisseur.
Dans le cas d’Émile, l’enquête judiciaire a été ouverte pour « disparition inquiétante » et non pour « enlèvement et séquestration », ce qui constitue l’accusation en cas d’enlèvement avéré.
30 alertes enlèvement déclenchées depuis 2006
Même si ces quatre critères sont remplis, « le procureur de la République peut décider de ne pas déclencher une Alerte enlèvement s’il estime que sa diffusion peut mettre en danger la vie de l’enfant. »
« Il faut le temps d’être en possession d’un maximum d’informations utiles à diffuser pour permettre de localiser l’enfant et son ravisseur, d’avoir pu analyser le profil du ravisseur pour être sûr que l’alerte enlèvement ne constitue un risque supplémentaire, un danger pour la victime. Le but, c’est que l’alerte enlèvement permette un dénouement rapide et sans danger pour la victime. » – Ministère de la Justice
Dans la disparition d’Émile, aucune information concernant un possible ravisseur n’a été mentionnée par le procureur, qui rappelle « travailler sur toutes les hypothèses ».
Depuis 2006, 30 alertes enlèvement ont été déclenchées, dont une seule n’a pas permis de retrouver la victime en vie, souligne le ministère. La dernière a eu lieu en mai 2023, lorsque Malek, une petite fille de 8 ans, a été enlevée par son père.
Un appel à témoins pour aider à retrouver Émile
Pour Émile, un appel à témoins a été lancé par les forces de l’ordre, avec une photo du garçon, dans l’espoir de le retrouver. Le jour de sa disparition, il portait un haut jaune, un short blanc avec des motifs verts et des chaussures de randonnée. Blond aux yeux marron, il mesure 90 cm.
Le numéro d’appel mis en place par le Préfet et le Procureur de la République, qui est destiné à recueillir tout témoignage utile, est toujours actif au : 04.92.36.73.00.