Alerte médicale : les calendriers de l’avent alcoolisés critiqués pour leur approche ‘lamentable et sournois’
Alors que Noël approche, les professionnels de la santé expriment leur désarroi face à la commercialisation de ces produits. Ils estiment qu'ils contribuent à normaliser et à encourager la consommation d'alcool.
Tl;dr
- Les calendriers de l’Avent alcoolisés se multiplient, alarmant les professionnels de santé.
- Ces offres encouragent une consommation quotidienne d’alcool.
- Le Professeur Amine Benyamina, addictologue, dénonce une banalisation de l’alcool.
- La loi Evin limite les publicités pour l’alcool, mais ces produits semblent contourner les règles.
Calendriers de l’Avent alcoolisés : une tendance inquiétante
À l’approche des fêtes de Noël, une nouvelle tendance suscite l’inquiétude chez les professionnels de santé : les calendriers de l’Avent alcoolisés. Whisky, rhum, vodka, vin, bière… les options sont nombreuses pour ceux qui cherchent une alternative au traditionnel calendrier de chocolats.
Une incitation à la consommation quotidienne
Le Professeur Amine Benyamina, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse à Paris et président de la Fédération française d’addictologie (FFA), s’alarme de cette tendance. Pour lui, ces offres incitent à une consommation quotidienne d’alcool. Il déclare sur directs.fr : «C’est assez lamentable, et sournois, une forme de publicité qui banalise le produit et encourage les personnes à avoir une consommation non seulement régulière, mais même quotidienne».
Un contournement des règles ?
Ces calendriers semblent jouer avec les limites de la loi Evin, qui encadre la publicité pour l’alcool en France. Franck Lecas, responsable du pôle loi Evin à l’association Addictions France, explique que la loi vise à présenter les produits alcooliques sans pour autant inciter à la consommation. Pour lui, ces calendriers, en évoquant l’univers enfantin et les fêtes de Noël, contournent l’esprit de cette loi. Il déclare : «Il nous semblerait pertinent que la DGCCRF, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, se penche sur le problème, car c’est bien l’objet en lui-même qui pose problème».
Le Professeur Benyamina ajoute que, malgré l’existence de lois comme la loi Evin, les moyens alloués pour assurer leur application sont insuffisants. Il conclut : «La France est bonne pour adopter des lois, il en est tout autrement pour ce qui est de les mettre en œuvre».
