Aliments contaminés par E.Coli : Comment est-ce encore possible?
La bactérie E. Coli, souvent présente dans nos aliments, fait régulièrement les gros titres en raison de cas de contamination. Mais qui est réellement responsable de cette situation ?
TL;DR
- La bactérie E. Coli, fréquemment dans l’actualité pour des cas de contamination alimentaire.
- Problème principal: contrôle insuffisant des entreprises agroalimentaires.
- Le consommateur a également sa part de responsabilité selon certains experts.
La bactérie E. Coli : un fléau récurrent
L’actualité révèle régulièrement des cas de contamination par la bactérie E. Coli, présente dans nos aliments. De la pizza Buitoni en 2022 aux fromages en 2023, cette bactérie a causé plusieurs scandales sanitaires. Mais qui est à blâmer ?
Un contrôle insuffisant des entreprises agroalimentaires
Selon Quentin Guillemain, spécialiste des chaînes de production dans l’industrie agroalimentaire, le problème principal réside dans le contrôle des entreprises. Les entreprises se contrôlent elles-mêmes, explique-t-il. La réglementation européenne du 28 janvier 2002, dite Food Law, stipule que les entreprises sont garantes de la viabilité des produits en sortie d’usine. Cependant, cette autonomie a conduit à des problèmes de sécurité alimentaire. En 2022, l’affaire des pizzas Buitoni avait éclaté, contaminant 75 personnes et causant la mort de deux enfants.
Les contrôles des autorités : insuffisants ?
Les autorités semblent impuissantes face à ce problème. En France, la Direction générale de l’Alimentation (DGAL) et la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) sont responsables de la qualité des aliments. Cependant, les contrôles sont rares et insuffisants. « En entreprise, il n’y a qu’un contrôle tous les deux ans », déplore Guillemain, qui accuse les autorités de se contenter de résultats tronqués par les industriels.
Le rôle du consommateur
Jeanne-Marie Membré, chercheuse à l’Inrae et spécialiste des calculs des risques microbiologiques, souligne que le consommateur a également sa part de responsabilité. Elle explique que « toute la chaîne est concernée, du producteur au consommateur ». Selon elle, le risque zéro n’existe pas et il est nécessaire d’éviter de donner aux enfants des produits potentiellement dangereux comme le fromage ou le lait cru. Le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire recommande de ne pas donner de fromage au lait cru aux enfants de moins de cinq ans.
Cependant, selon Guillemain, tant que les réglementations ne seront pas plus restrictives, il y aura toujours de grands scandales industriels. Il dénonce un système agro-industriel vivant dans une « impunité totale », aucun groupe n’ayant jamais été condamné.
