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Société

Anticipation de la pénurie d’animateurs par les colos et centres de loisirs

Société
Par Benjamin,  publié le 25 juillet 2023 à 20h22, modifié le 25 juillet 2023 à 20h22.

Des annulations anticipées dès le mois de janvier, des fusions de voyages, une réduction du nombre d'excursions... Face à la crainte de manquer d'animateurs pour la période estivale, certains planificateurs ont pris les devants.

Des mesures anticipatoires face à la pénurie d’animateurs de colonies de vacances

Chaque année, nombre d’entre vous ont pris pour habitude d’envoyer leurs enfants en colonies de vacances. Toutefois, cette pratique tend à se compliquer au fil du temps, principalement à cause de la pénurie d’animateurs qui émerge. En effet, la crise du Covid-19 ayant mis un frein aux formations BAFA, le secteur a du mal à combler les places vides dans ses équipes d’animation. Malgré quelques fermetures isolées en juillet 2023, le mois d’août reste incertain. Néanmoins, les centres de loisirs ont su anticiper et ne s’en sortent pas si mal. Explications.

Préparer en amont la pénurie dès le mois de janvier

Pour éviter le désastre, les centres de loisirs ont su prendre les devants. D’après une étude du Fonds de coopération de la jeunesse (Fonjep) et de Hexopée, 76 % des structures d’accueil de loisirs ont signalé des difficultés de recrutement en 2022. Pour éviter de se retrouver dans la même situation cet été, l’Union française des centres de vacances (UFCV), qui organise les colonies de vacances, a lancé sa campagne de recrutement deux semaines plus tôt, dans l’espoir de toucher un public plus large. De plus, dès janvier 2023, l’UFCV a pris la décision d’annuler « un ou deux séjours où il faut beaucoup d’animateurs pour peu d’enfants » afin de se prémunir, comme l’explique Cyril Gaffet, délégué national de l’UFCV, contacté par directs.fr.

Annulation anticipée des séjours à risque

Parmi les séjours annulés, l’UFCV cite un voyage itinérant pour 20 adolescents de 14-17 ans encadrés par sept animateurs. Le programme, qui inclut de la randonnée et diverses activités, ne figure pas au catalogue de l’UFCV cet été. En effet, « il fallait plus d’animateurs pour conduire afin d’éviter qu’un seul ne fasse 8 h de route dans une journée », justifie Cyril Gaffet.

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On a préféré maintenir des séjours où l’on peut accueillir plus de jeunes.

Cyril Gaffet – Délégué national séjours enfants/jeunes à l’UFCV

De plus, le catalogue a été réorganisé : les séjours qui « remplissaient moins » n’ont pas été maintenus ou ont été « fusionnés » avec d’autres.

Adapter la capacité d’accueil pour respecter les normes

Dans les centres aérés, l’anticipation est également de mise. Pour éviter d’être pris au dépourvu par la possible pénurie d’animateurs, ils ont la possibilité de réduire leur capacité d’accueil.

Par exemple, ceux qui pouvaient accueillir 100 enfants n’en accueilleront que 80 afin d’atteindre le taux d’encadrement. On sait que ça va exister, mais ce ne sera pas massif.

David Cluzeau – Délégué général de Hexopée

Cette décision repose sur les règles juridiques établies par le Code de l’action sociale et des familles pour l’accueil de loisirs. Pour assurer la sécurité des enfants, un animateur ne peut avoir à sa charge qu’un certain nombre d’entre eux. C’est ce qu’on appelle le taux d’encadrement. Ainsi, pour les enfants de moins de six ans, un animateur doit s’occuper de 8 enfants au maximum, et pour les enfants de six ans ou plus, il doit veiller sur 12 enfants au plus. En réduisant le nombre d’enfants accueillis, les centres de loisirs s’adaptent à la masse salariale disponible.

Conséquences des problèmes de recrutement

Une autre conséquence des problèmes de recrutement est que certains centres de loisirs sont contraints de fonctionner en flux tendu, soit avec le nombre minimum légal d’animateurs. Cela limite les activités extraordinaires et ne laisse pas de place à l’improvisation en cas d’absence ou de congé maladie.

Quand les équipes sont justes par rapport au taux d’encadrement, elles ne vont pas forcément planifier des camps à l’extérieur. C’est une conséquence que l’on pourrait voir dans les jours à venir.

David Cluzeau – Délégué général de Hexopée

Une autre solution consiste à regrouper les équipes pédagogiques. Il a été rapporté à directs.fr qu’un gestionnaire de centres de loisirs en Corrèze a indiqué que les trois centres de sa zone se réunissent sur un même site lorsque cela est nécessaire, afin de mutualiser les animateurs présents ce jour-là.

La pénurie de directeurs de colonies de vacances

Avec de tels ajustements, les catalogues ne risquent-ils pas de perdre en exotisme ? S’adapter pour répondre à une conjoncture, c’est bien, mais des solutions à long terme seraient préférables. Si les acteurs du secteur ne sont pas particulièrement inquiets pour l’été 2024, car ils ont observé une augmentation des stages BAFA, cela ne suffit pas à dissiper leurs craintes pour l’avenir de la filière. En effet, le désintérêt pour le métier d’animateur est une réalité.

La durée de vie de l’animation est courte. Les jeunes sont animateurs le temps de leurs études. C’est pour cela que l’on a du mal à recruter des directeurs de colo. Certains ne vont pas passer le BAFD [le BAFA des directeurs, NDLR.] car ils arrivent au bout de leurs études.

Cyril Gaffet – Délégué national à l’UFCV

Renverser le désintérêt pour le métier

Pour redorer l’image du métier d’animateur, qui nécessite d’être en alerte 24 h sur 24 h, un comité de la filière animation a été lancé au ministère de l’Éducation nationale. Plusieurs propositions sont à l’étude :

  • Soutenir financièrement les formations BAFA (une aide de 100 euros existe déjà) ;
  • Réformer le contrat d’engagement éducatif (le contrat destiné aux personnes travaillant dans l’accueil de mineur qui s’écarte du droit de travail, notamment sur le temps de travail, le repos et la rémunération) ;
  • Faciliter l’accès des ATSEM aux métiers de l’animation.

Une autre proposition envisagée est de revaloriser significativement la rémunération pour attirer les jeunes. « On pourrait, assez rapidement, doubler le salaire minimum des animateurs, voire aller au-delà », suggère David Cluzeau, le directeur général du syndicat employeur de la branche animation, qui participe aux discussions du comité.

Le Récap
  • Des mesures anticipatoires face à la pénurie d’animateurs de colonies de vacances
  • Préparer en amont la pénurie dès le mois de janvier
  • Annulation anticipée des séjours à risque
  • Adapter la capacité d’accueil pour respecter les normes
  • Conséquences des problèmes de recrutement
  • La pénurie de directeurs de colonies de vacances
  • Renverser le désintérêt pour le métier
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