La crise des opioïdes frappe durement les États-Unis, avec une augmentation constante du nombre d'overdoses en particulier chez les jeunes. Face à cette situation, des mesures sont prises par certains pour y faire face.
Tl;dr
- La crise des opioïdes aux États-Unis voit une augmentation des overdoses chez les jeunes.
- Des antidotes aux overdoses s’invitent dans le quotidien des adolescents.
- 110 000 décès en un an liés à des surdoses aux États-Unis, majoritairement dues au fentanyl.
- Des formations sur l’usage d’antidotes sont mises en place dans les lycées.
Une crise des opioïdes grandissante aux États-Unis
La crise des opioïdes aux États-Unis prend de l’ampleur, en particulier chez les jeunes. Les antidotes aux overdoses, autrefois inconnus, deviennent désormais un élément régulier de leur quotidien.
Les adolescents face à la réalité des overdoses
Le parcours matinal de Jackson Danzing, 17 ans, symbolise cette réalité. Chaque jour, avant de se rendre à son lycée, il vérifie qu’il a dans son sac ses livres, ses devoirs, son déjeuner et un antidote à overdose. Cet antidote, le Narcan, est de plus en plus courant dans la vie des adolescents américains, y compris contre le fentanyl, une drogue jusqu’à 50 fois plus puissante que l’héroïne.
La réalité chiffrée de la crise
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de mars 2022 à mars 2023, les États-Unis ont comptabilisé 110 000 décès liés à des surdoses de drogues, dont les deux tiers étaient dus au fentanyl. Chez les adolescents, les morts par overdose ont augmenté de 94% de 2019 à 2020.
Des réactions face à la crise
Face à cette crise, des actions sont entreprises. Jackson, par exemple, a organisé avec sa camarade Marin Peale des formations sur l’usage du Narcan pour leurs camarades de lycée. Cependant, l’accès à la naloxone, le nom générique du Narcan, est controversé. Certains parents estiment que cette molécule banalise l’usage de drogues dures.
L’approche politique diffère également d’un endroit à l’autre. Certaines villes ont choisi de réduire les sanctions pour la consommation de drogue, tandis que d’autres ont durci leurs lois anti-drogues.
Un antidote n’est pas une solution
Keith Humphreys, chercheur à l’université Stanford, souligne que l’accès croissant au Narcan n’est qu’une partie de la solution. Il préconise que les autorités consacrent plus de fonds publics à la santé mentale des jeunes. En effet, si la naloxone peut sauver en cas d’overdose, elle ne résout pas les problèmes d’addiction. « C’est une ambition extrêmement modeste », dit-il à l’AFP.
Une réalité intégrée
Pour Jackson et Marin, le Narcan fait désormais partie de leur quotidien. « Peu importe la salle de classe, il doit y en avoir une boîte et de mon côté j’en ai toujours sur moi. Comme ça je suis toujours prête », résume Marin. Une réalité qui reflète l’ampleur de la crise des opioïdes aux États-Unis.