Après la ménopause, les ovaires ne s’arrêtent pas vraiment

Laboratoire avec schéma des ovaires
Image d'illustration. Des travaux explorent l’activité ovarienne tardive. — ADN

Une étude sur des souris relance une idée simple: après la ménopause, les ovaires resteraient actifs. Avec, peut-être, un rôle immunitaire.

En bref

  • Les ovaires resteraient actifs après la ménopause
  • Chez la souris, leur profil devient plus immunitaire
  • Un enjeu possible pour la santé des femmes

Si les ovaires continuent de changer après la ménopause, ce n’est pas un détail. Cela peut peser sur la compréhension du vieillissement et sur la prise en charge des femmes, surtout quand les ovaires ont été retirés.

Une équipe menée par Francesca Duncan, à l’Université Northwestern dans l’Illinois, avance justement cette idée dans une étude publiée dans Molecular Human Reproduction. Leur point de départ est simple: l’image d’ovaires qui s’arrêtent net après leur rôle reproductif serait trop courte. Les données recueillies chez la souris suggèrent au contraire un changement de fonction.

Une piste qui change le regard sur la ménopause

La ménopause est souvent présentée comme la fin de l’activité ovarienne. Or, avec une espérance de vie plus longue, les années vécues après cette étape sont de plus en plus nombreuses, alors même que cette phase reste encore mal comprise.

C’est précisément ce que cherche à éclairer Francesca Duncan. Son hypothèse, au vu des nouveaux résultats, est que les ovaires ne deviennent pas inertes. Ils cesseraient bien leur fonction reproductive, mais pas toute activité biologique.

Ce que les chercheurs ont observé chez la souris

L’équipe a étudié des souris âgées de 2 mois, 18 mois et 24 mois, des âges choisis pour représenter différentes étapes du cycle reproductif. Chez cet animal, les ovaires s’arrêtent en général vers deux ans.

Un ovaire de chaque souris a été examiné au microscope pour analyser les tissus. Le second a servi à un séquençage de l’ARN, une méthode qui permet d’identifier les gènes présents, mais aussi ceux mobilisés pour produire des protéines.

Les résultats les plus attendus sont bien là: avec l’âge, la mécanique reproductive ralentit. Les souris les plus âgées avaient moins de follicules, et l’organisation des tissus cellulaires comme du collagène changeait aussi.

Un profil plus immunitaire que reproductif

Mais l’usine ne ferme pas complètement. Les analyses montrent un basculement d’une activité centrée sur la reproduction vers une signature dominée par l’immunité avec l’âge.

Dans les ovaires post-reproductifs, les chercheurs ont relevé une infiltration plus importante de lymphocytes T, de macrophages et de cellules géantes multinucléées. En gros, l’organe semble prendre une dimension plus inflammatoire, avec une possible influence endocrine et paracrine sur le vieillissement de l’ensemble du corps.

Pourquoi ces résultats comptent déjà

Ces observations chez la souris ne disent pas exactement ce qui se passe chez l’humain. Mais elles recoupent un autre travail mené par Francesca Duncan chez 28 femmes ménopausées, étude qui n’a pas encore été évaluée par les pairs. Les protéines produites par les tissus ovariens y variaient selon les groupes d’âge.

Si les ovaires étaient totalement inertes après la ménopause, ce type de différence ne devrait pas apparaître. Résultat, la piste gagne en solidité, même si elle demande encore à être confirmée. Et pour les soins durant les années post-reproductives, comme pour les femmes ayant subi une ablation des ovaires, ce n’est quand même pas anodin.

Benjamin

Spécialiste Santé

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