Douleur à l’aine, boiterie, gêne pour se chausser: l’arthrose de la hanche s’installe souvent progressivement. Voici ce qui doit faire consulter.
En bref
- La douleur à l’aine est un signal fréquent
- Les traitements soulagent, sans stopper l’usure
- Marche, vélo et natation sont recommandés
Une douleur à l’aine en marchant, qui dure puis s’aggrave, peut annoncer une arthrose de la hanche. Et il vaut mieux ne pas la banaliser, car cette atteinte progresse souvent lentement avant de limiter les gestes les plus simples.
Des signes discrets, puis une gêne qui s’installe
Le traumatologue Eduardo García Rey, président de la Société espagnole de chirurgie de la hanche, explique que cette pathologie articulaire est fréquente à partir d’un certain âge. La douleur apparaît souvent dans l’aine et peut descendre vers l’avant de la cuisse.
Au début, elle se manifeste parfois seulement avec certains mouvements. Mettre ses chaussures, enfiler des chaussettes, marcher plusieurs minutes. Puis la situation change. Eduardo García Rey résume ainsi l’évolution: « Quand l’arthrose de la hanche progresse, une boiterie apparaît à la marche ».
Dans les formes plus avancées, la douleur finit par limiter les activités du quotidien, y compris à la maison. Le patient peut avoir besoin d’une canne ou d’une béquille pour se déplacer. Dans certains cas, la jambe touchée peut même paraître plus courte.
Pourquoi il ne faut pas confondre avec un mal de dos
Tout le problème est là. Une douleur basse dans le dos peut mimer un problème de hanche. Mais quand la mobilité de la hanche, en flexion ou en rotation, reste normale, la piste n’est pas la même.
Le spécialiste de l’Hôpital universitaire La Paz, à Madrid, cite aussi d’autres causes possibles d’une douleur située à l’avant de la hanche: une hernie inguinale, un problème vasculaire, ou encore une douleur irradiée venant des reins ou de l’appareil urinaire. Ces causes doivent être écartées.
Si la douleur et la gêne augmentent en quelques mois, il recommande de consulter. Une radiographie simple du bassin ou de la hanche atteinte suffit en général à confirmer le diagnostic.
Ce que les traitements peuvent faire, et ce qu’ils ne font pas
Sur ce point, le message est net. Les traitements conservateurs ne stoppent pas la progression de l’arthrose. Le contrôle du poids, la kinésithérapie, certains médicaments dits chondroprotecteurs ou les infiltrations peuvent améliorer les symptômes, pas arrêter l’usure.
Pour une arthrose légère ou modérée, avec une vie quotidienne encore préservée, la perte de poids en cas de surpoids, les anti-inflammatoires, la kinésithérapie et un suivi spécialisé peuvent aider. Mais sans faux espoirs, clairement.
Quand l’usure devient très importante et que l’espace entre les os de la hanche disparaît presque, la limitation fonctionnelle est souvent majeure. Dans la plupart des cas, la meilleure option devient alors une prothèse totale de hanche.
Les activités à privilégier pour protéger la hanche
Le médecin déconseille les activités à impact en cas d’arthrose légère ou modérée: course à pied, sports de contact, arts martiaux. À l’inverse, la natation, le vélo, la marche sur distance modérée ou avec bâtons de marche nordique sont favorisés, car ils renforcent la musculature autour de la hanche.
Il pointe aussi plusieurs facteurs de risque: les efforts professionnels importants, certains sports répétés, le sédentarisme et l’obésité. À long terme, des traitements comme les corticoïdes peuvent aussi être associés à une nécrose avasculaire de la tête fémorale ou à une arthrose.
Son conseil tient en peu de mots: alimentation méditerranéenne, activité physique régulière sans impact, et poids maîtrisé. Ce n’est pas spectaculaire. C’est même assez simple. Mais c’est ce qui aide à prévenir les formes graves et les chutes pouvant conduire à une fracture.