Associations débordées par l’augmentation de la demande d’aide alimentaire
L'association Les Restos du Cœur, qui est en attente d'une subvention gouvernementale de 15 millions d'euros dans les jours à venir, n'est pas la seule structure de soutien alimentaire à éprouver des difficultés.
Les Restos du Cœur face à une augmentation des demandes d’aide
Les Restos du Cœur, qui devraient bientôt recevoir une aide de 15 millions d’euros de la part du gouvernement, ne sont pas la seule association d’assistance alimentaire en difficulté. Les organisations de lutte contre la pauvreté tirent la sonnette d’alarme face à une augmentation spectaculaire des demandes d’aide. Les Restos du Cœur, par exemple, ne parviennent plus à faire face à cet afflux et ont été contraints de réduire le nombre de personnes accueillies.
Devant ces difficultés, l’association créée par Coluche a annoncé qu’elle devrait réduire l’aide alimentaire cet hiver, le dimanche 3 septembre. Suite à cet appel à l’aide, la ministre des Solidarités, Aurore Bergé, a promis d’injecter 15 millions d’euros « dans les prochains jours » pour soutenir les Restos.
Cette actualité souligne que l’activité des associations d’aide alimentaire est précaire dans le contexte actuel d’inflation.
Un nombre croissant de bénéficiaires
Au centre de distribution des Restos du Cœur du XIème arrondissement de Paris, qui était prévu pour accueillir 1 400 personnes par semaine, on en accueille aujourd’hui 3 500. Le centre a enregistré cette année une augmentation de 37% des bénéficiaires par rapport à l’année dernière.
« Il y a eu un afflux de demandes d’aide pendant la pandémie et cela n’a pas baissé depuis, au contraire, cela augmente. » déclare Philippe Blanc, responsable adjoint d’un centre dans le XIe arrondissement de Paris.
Un public majoritairement féminin
Les bénéficiaires sont majoritairement des femmes avec des enfants en bas âge. Noëlle, 32 ans, mère de famille dont le mari travaille au noir, témoigne : « Vu leur coût, les produits du quotidien ne sont plus à notre portée. Avec l’inflation, tout est chamboulé, on n’arrive plus à manger normalement ».
L’inflation, un facteur aggravant
En France, l’inflation a augmenté de 4,8% sur un an en août, selon l’Insee. Les produits alimentaires, dont les prix ont grimpé de 11,1% sur un an le mois dernier, sont l’un des principaux moteurs de cette hausse.
Parallèlement, les coûts de fonctionnement des Restos du Cœur, notamment pour l’achat de produits alimentaires redistribués gratuitement aux bénéficiaires, sont en hausse. Face à cette situation, l’association, qui fournit 35% de l’aide alimentaire en France, a été contrainte de réduire le nombre de bénéficiaires cet hiver en abaissant le seuil du reste à vivre permettant une inscription.
La Croix-Rouge et le Secours Populaire également confrontés à une hausse des demandes
Les Restos du Cœur ne sont pas la seule association à constater une augmentation des demandes d’aide. Au Secours Populaire, les demandes ont progressé de 20 à 40% selon les territoires. À la Croix-Rouge, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 7% au premier semestre par rapport à la même période l’an dernier.
« La tendance se perpétue, on est encore capable de répondre grâce à nos donateurs mais il ne faudrait pas que cela continue. » déclare Audrey Boursicot, responsable du programme de lutte contre la précarité alimentaire à la Croix-Rouge.
Plusieurs associations travaillent actuellement sur de nouvelles solutions pour continuer de s’approvisionner en produits, tout en préservant leurs finances. L’Armée du Salut, par exemple, tente de passer des accords avec des agriculteurs.
