Au Canada, Kenneth Law face aux familles avant une peine attendue

Palais de justice canadien en journée
Image d'illustration. Le Canada attend la peine de Kenneth Law. — ADN

Des proches de victimes témoignent au Canada avant la peine de Kenneth Law, qui a vendu des « kits de suicide » jusque en France.

En bref

  • Kenneth Law attend sa peine au Canada
  • Il a reconnu 14 chefs d’aide au suicide
  • Ses ventes ont touché 41 pays, dont la France

Au tribunal de Newmarket, près de Toronto, les proches des victimes de Kenneth Law témoignent depuis mercredi avant l’énoncé de sa peine, attendu à une date encore inconnue. L’homme, né en 1965, a plaidé coupable en mai à 14 chefs d’accusation pour aide ou incitation au suicide.

Une peine à venir après des aveux lourds

L’ancien cuisinier d’un hôtel de luxe de Toronto a reconnu avoir vendu du nitrite de sodium, une substance légale mais potentiellement mortelle à partir d’une certaine dose. Il a aussi admis avoir administré anonymement plusieurs forums en ligne depuis la pandémie de Covid-19, où il donnait des conseils pour se suicider.

Les procureurs canadiens ont, en revanche, abandonné au printemps les poursuites pour meurtre. Leur motif est clair, ils estiment ne pas avoir assez d’éléments pour obtenir une condamnation sur ce terrain. D’après des experts judiciaires cités à l’audience, la peine requise pour aide au suicide pourrait tout de même aller jusqu’à 20 ans de prison.

Des familles décrivent un deuil qui ne s’arrête pas

Dans la salle, les témoignages se succèdent. Maria Lopez, mère de Jeshennia Bedoya-Lopez, morte en 2022 à 18 ans, a confié par une déclaration lue à l’audience « Je ne peux arrêter de penser que ma petite fille ne reviendra jamais ».

Même choc chez Adrienne Dalli, sœur de Maurizio Vadala, mort en 2023. Elle a dit que depuis la disparition de son frère, elle n’était plus la même personne. Stephen Mitchell, père de Stephen Mitchell Jr, a décrit son fils comme un jeune homme déprimé et vulnérable, qui avait besoin d’aide. Selon lui, Kenneth Law lui a retiré la possibilité de guérir.

Un autre proche, Norson Harris, a fait le déplacement depuis le Royaume-Uni après la mort de sa fille Ashleigh Harris, 26 ans, en 2023. Des familles accusent aussi l’accusé de n’afficher aucun remords, et certaines le tiennent directement responsable des décès.

Des colis expédiés dans 41 pays, dont la France

L’affaire dépasse largement le Canada. Les enquêteurs ont établi que Kenneth Law avait vendu cette substance pour environ 70 euros (80 dollars) dans au moins 41 pays, notamment en France et en Chine.

Le cas du Royaume-Uni donne une idée de l’ampleur du dossier. Les procureurs y ont relié 330 colis expédiés à 79 morts, selon les éléments présentés lors de la précédente audience en mai. Clairement, c’est ce volet international qui pèse aussi dans la portée du procès.

Forums, justification de l’accusé et appel aux autorités

Les familles ne visent pas seulement l’accusé. Leonardo Bedoya a appelé le Premier ministre canadien Mark Carney à interdire les plateformes qui vendent des substances nocives et mortelles, qu’il juge elles aussi responsables.

Début septembre, des documents judiciaires publiés par The Globe and Mail ont ajouté un autre élément. Lors d’un entretien avec un psychiatre en prison, Kenneth Law a affirmé ne pas être « un fou diabolique » et avoir simplement voulu répondre à un besoin qu’il considérait comme humain. La juge doit maintenant trancher, après plusieurs jours de témoignages annoncés jusqu’à lundi.

Benjamin

Spécialiste International

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