Au Japon, six géants du secteur des glaces rattrapés par une enquête sur les prix

Rayon de glaces dans une supérette japonaise
Image d'illustration. Le régulateur japonais cible les hausses de prix. — ADN

Le régulateur japonais a perquisitionné six poids lourds de la glace, soupçonnés d’avoir coordonné leurs hausses de prix. Un dossier sensible.

En bref

  • Six fabricants perquisitionnés au Japon
  • Une entente sur les prix est soupçonnée
  • Des amendes sont possibles

Au Japon, l’enquête touche un marché loin d’être anecdotique. Sur le dernier exercice clos en mars, les ventes de glaces ont dépassé 660 milliards de yens, soit environ 4 milliards d’euros, d’après l’Association japonaise des fabricants de glaces. Et alors que le pays sort de l’été 2025 le plus chaud depuis le début des relevés en 1989, le dossier prend un relief très concret pour les consommateurs.

Un marché record, soudain sous surveillance

Mardi 16 juin, la Commission japonaise de la concurrence, la JFTC, a mené des perquisitions dans le secteur. Le timing n’a rien de neutre, l’été reste la période forte pour les industriels de la glace.

Les autorités cherchent à savoir si plusieurs grands acteurs ont coordonné des hausses de prix dans un secteur qui pèse des centaines de milliards de yens. Résultat, un produit très courant se retrouve au centre d’une affaire de concurrence.

Six groupes perquisitionnés en même temps

Les opérations ont visé les sièges de Meiji, Lotte, Morinaga et Co., Morinaga Milk Industry, Akagi Nyugyo et Ezaki Glico, selon des représentants d’entreprises et une source proche du dossier citée par l’AFP.

Ces six sociétés comptent parmi les plus gros producteurs de glaces de l’archipel. La source a indiqué qu’elles étaient soupçonnées de s’être entendues pour relever leurs prix.

Des hausses coordonnées depuis 2022, selon l’enquête

Le cœur du dossier est là. D’après cette même source, des responsables de ces groupes auraient échangé des courriels ou se seraient rencontrés pendant des années afin d’accorder à la fois le calendrier et le niveau des augmentations.

Les médias locaux relèvent que, depuis environ 2022, les fabricants de glace ont relevé leurs prix de détail chaque année, à peu près au même moment. La JFTC examine aussi un autre point, rapporté par Kyodo News, celui d’éventuelles hausses allant au-delà de ce que justifiait la flambée du coût des matières premières, sur fond d’inflation.

Les groupes coopèrent, mais le risque d’amende est réel

Cinq entreprises visées ont publié mardi ou mercredi des communiqués pour confirmer les perquisitions et dire qu’elles coopéreraient avec l’enquête. De son côté, Natsuyo Suzuki, porte-parole de Akagi Nyugyo, a confirmé à l’AFP que l’entreprise collaborait avec les enquêteurs après une inspection sur place.

Si la JFTC conclut à l’existence d’un cartel, les groupes fautifs s’exposent à une amende et à une injonction d’améliorer leurs pratiques commerciales. Bref, l’affaire dépasse la simple boule de glace, elle touche à la formation des prix dans un marché en plein essor.